Réactions en Suisse après la nomination de deux auxiliaires (040393)
Fribourg, 4mars(APIC) La nomination de deux évêques auxiliaires pour le
diocèse de Coire, décidée par le pape Jean Paul II, ne suscite pas ou peu
de commentaires dans les milieux extérieurs à la hiérarchie de l’Eglise
catholique en Suisse. Au Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE)
à Berne, on déclare qu’il s’agit là d’une affaire interne à l’Eglise catholique. Même son de cloche du côté de la Fédération protestante des Eglises
de la Suisse (FEPS): "L’Eglise catholique a toute liberté de nommer des
évêques auxiliaires". A Zurich, l’abbé Casetti, vicaire général, déclare
que, selon ses informations, "les deux évêques auxiliaires n’ont pas de
compétences spéciales". Ce qui signifie, à ses yeux, que Mgr Haas "est libre de déterminer les tâches qu’il entend leur confier".
Selon Christian Meuwly, porte parole du Département fédéral des Affaires
étrangères, le Conseil fédéral n’a pas l’intention de réagir officiellement
à la nomination de ces deux évêques auxiliaires. Il considère qu’il s’agit
là d’une affaire interne à l’Eglise catholique. Les Conseillers fédéraux
Felber et Delamuraz avaient eu en septembre 1992 des entretiens avec les
délégués des cantons pour entendre ce qu’ils avaient à dire sur la situtation dans l’évèché de Coire, précise Christian Meuwly. MM. Felber et Delamuraz avaient rappelé à cette occasion que l’unique canal pour traiter avec
Rome passait par le DFAE, par les services de l’ambassadeur spécial.
Pas de commentaires immédiats non plus du côté de la FEPS. "J’apprends à
l’instant les nominations en question pour le diocèse de Coire", assure le
président de la FEPS, Heinrich Rusterholz, qui ajoute aussitôt: "Le président de la Conférence des évêques suisses (CES), Mgr Pierre Mamie, a tenté
en vain de nous joindre mercredi vers 17 heures. Nous étions en séance.
Nous avons un accord avec la CES pour qu’elle nous informe préalablement.
Nous estimons que nous pouvons nous aussi apporter notre contribution, même
s’il ne nous appartient pas de freiner quoi que ce soit. L’Eglise catholique romaine est libre de nommer un évêque auxiliaire... Mais c’est aussi
parce que ces nominations touchent l’athmosphère oecuménique et la coopération que nous avons avons convenu d’un accord sur une information préalable".
Satisfaction à Zurich
Du côté de Zurich, le chanoine Christoph Casetti, vicaire général, confirme que Mgr Haas accueilera les deux évêques auxiliaires avec joie et
qu’il accepte avec reconnaisance les dispositions du pape. "Selon nos informations, les deux évêques ne possèdent pas de compétences spéciales, ce
qui signifie que Mgr Haas est libre de déterminer les tâches qu’il entend
leur donner", ajoute-t-il. L’abbé Casetti voit plusieurs possibilités pour
la répartition du travail entre les évêques. Un des deux auxiliaires pourrait être vicaire général à Zurich: "Il me resterait assez de travail". Une
seconde solution consisterait à désigner l’autre auxiliaire en qualité de
vicaire général pour l’ensemble du diocèse. Il espère également que ces nominations contribueront à calmer les remous dans le diocèse. "Les deux nouveaux évêques sont des personnes qui viennent de l’extérieur; elles n’ont
pas été mêlés aux tensions".
A Zurich toujours, le président de la Commision centrale catholique romaine du canton de Zurich, Antoine Pescatore, a qualifié de réjouissante la
nouvelle de la nomination de deux évêques auxiliaires. Hubert Lutz, chargé
de presse, partage ce point de vue. Cette décision, dit-il, est un signal
positif. Elle montre que le problème du diocèse de Coire et que la préoccupation des opposants à Mgr Haas sont pris au sérieux. Un avis que partage
l’abbé Gebhard Matt, doyen de Zurich-Ville: "On a réalisé ce qui était
vraiment important dans cette situation dangereuse: trouver quelqu’un qui
n’est pas impliqué dans le conflit avec Mgr Haas". Cette nomination peut
être un nouveau départ. Le Père Henrici est bien connu dans sa ville d’origine". (apic/gs/mp/pr)