Réaction des Eglises au massacre de la population kurde en Irak (040491)
Fribourg, 4avril(APIC) La guerre civile en Irak et l’exode massif de civils kurdes vers la Turquie et l’Iran inquiètent Pax Christi et les Eglises
chrétiennes. Dans un communiqué publié jeudi 4 avril, le mouvement catholique international pour la paix Pax Christi dénonce "la passivité et la lenteur des puissances occidentales et du Conseil de sécurité des Nations
Unies" face à cette situation, ainsi que la politique "deux poids deux mesures" appliquée au Moyen-Orient. Dans une lettre envoyée le même jour au
secrétaire général de l’ONU Javier Perez de Cuellar, les secrétaires généraux du COE, de l’Alliance réformée mondiale (ARM), de la Conférence des
Eglises européennes (KEK) et de la Fédération luthérienne mondiale (FLM)
demandent "l’envoi d’une force des Nations Unies chargée du contrôle et du
maintien de la paix" dans la région.
Pax Christi lance un appel aux instances politiques et ecclésiales nationales et internationales, gouvernementales et non-gouvernementales afin
qu’elles prennent toute mesure politique permettant de mettre fin au massacre du peuple kurde et de la population irakienne. Il demande au gouvernement suisse d’offrir sans délai aux victimes une aide alimentaire et une
assistance médicale et de stopper le refoulement des requérants d’asile
kurdes arrivés en Suisse. Il interpelle en outre le HCR pour qu’il demande
aux pays limitrophes de l’Irak d’ouvrir leurs frontières aux réfugiés et
les Nations Unies pour qu’elles prennent toute mesure garantissant le
respect des droits de l’homme en Irak.
De leur côté, les secrétaires généraux Emilio Castro (COE), Milan Opocensky (ARM), Jean Fischer (KEK) et Gunnar Staalsett (FLM), inquiets des
massacres perpétrés par l’armée irakienne sur des civils kurdes et irakiens, demandent aux Nations Unies d’assurer la protection de la population
civile par "l’envoi d’une force chargée du contrôle et du maintien de la
paix" dans la région; de "mettre en place un dispositif permettant de coordonner l’action visant à soulager la souffrance de la population civile".
Autre réaction, celle de la Commission "Justice et paix" de Belgique:
elle demande que la Belgique, qui préside le Conseil de sécurité des Nations Unies, "saisisse le Conseil de la situation dramatique de la population kurde pour qu’il y impose une solution juste et pacifique". Elle dit
son indignation en ces termes: "Il est inadmissible que l’arrêt des hostilités dans le Golfe ait pour effet de laisser à la dictature irakienne les
mains libres pour se livrer une fois de plus au massacre des populations
civiles kurdes: il s’agit là du crime d’un Etat contre ses propres ressortissants, au mépris de leurs droits fondamentaux". (apic/com/cor)