Rassemblement protestant de Budapest (260392)
par les délégués des Eglises européennes
Budapest, 26 mars(APIC) Quelque 200 délégués des Eglises protestantes venus de l’ensemble de l’Europe participent à Budapest au Rassemblement protestant. Ouvert mardi 24 mars, ce Rassemblement, qui prendra fin le 30
mars, invite à réfléchir sur le thème de la responsabilité des chrétiens
pour l’Europe. Mercredi, les 200 délégués ont examiné la question des minorités.
"Les Eglises ne peuvent pas être plus longtemps témoins du monde et
ignorer le problème des minorités", a déclaré Laszlo Tökes, l’évêque
réformé d’Oradea, en Roumanie, et représentant de l’importante communauté
hongroise de Transylvanie. "Le temps est venu pour elles de ne pas se
contenter de la condamnation obligatoire du racisme et de l’antisémitisme:
elles doivent prendre une position ferme et unanime sur le problème des
minorités".
Les protestants réunis depuis mardi dans la capitale hongroise ont
entendu plusieurs interventions vigoureuses qui mettent en évidence les
difficultés auxquelles l’Europe de demain doit s’attendre. La question des
minorités est manifestement au nombre de celles-ci. Tandis qu’une fraction
du protestantisme s’est inquiétée de voir les Eglises trop impliquées dans
une protestation nationaliste, Laszlo Tökes a enfoncé le clou: "Tout se
passe comme si notre identité était une erreur! Nous seuls, protestants,
nous posons des problèmes philosophiques autour de l’affirmation de notre
identité. Le lien entre Eglise et nationalité auquel on donne toujours une
connotation négative a été très utile dans la lutte contre le communisme.
Nous devons trouver notre voie propre, notre implication spécifique dans
l’Europe. Nous devons ’protester’ au sens négatif et positif du mot, dans
l’Europe de demain".
Implication inévitable?
L’implication des Eglises dans cette montée des nationalismes apparaît
d’autant moins inévitable que, selon le pasteur lituanien Georg Kretschmar,
"nation, dénomination religieuse et langage sont apparus simultanément dans
les religions concernées, la diffusion de la langue étant le plus souvent
le fait de l’évangélisation. Or, c’est l’unité linguistique qui a défini
des entités régionales".
Dès les premiers moments de ce rassemblement de Budapest est apparu
l’immense écart qui sépare les Eglises à l’intérieur de l’Europe. Quoi de
commun, par exemple, note les observateurs, entre ce pasteur de l’Irlande
du Sud qui devait déclarer: "De notre confession, je suis la première
génération à pouvoir se dire également fière d’être Irlandaise".
(apic/spp/pr)