Rapport d’une délégation européenne de Justice et Paix sur le Chili(161089)
Berne, 16octobre(APIC) Une délégation des commissions Justice et Paix
d’Europe a rendu public son rapport sur la situation au Chili après son
voyage réalisé dans ce pays en mai dernier à l’invitation du président de
la Commission d’aide sociale de la Conférence des évêques chiliens, Mgr Javier Prado. Dans leur rapport, les cinq délégués, dont le Suisse Alberto
Bondolfi, soulignent notamment que l’instauration de la démocratie au Chili
ne peut être réalisée sur le sol mouvant des délits et des mensonges même
s’ils sont légalisés.
La délégation européenne, qui avait pour mission d’être à l’écoute des
Chiliens sur le "chemin de la démocratie", s’est rendue à Santiago et plusieurs autres villes pour y rencontrer les évêques et les collaborateurs de
l’Eglise locale, des personnes engagées dans les programmes de développement et pour la défense des droits de l’homme.
Selon les auteurs du rapport, les victimes des violations des droits de
l’homme souhaitent que les responsables soient jugées par des tribunaux civils. A l’avantage d’autres pays d’Amérique Latine, les dossiers existent
sur les violations commises par le régime militaire. Ces dossiers, relèvent-ils, sont en grande partie en possession de l’Eglise catholique qui
préconise la "réconciliation par la vérité et la justice". Mais il reste
encore à trouver les moyens d’une mise en pratique de cette orientation.
Pour la délégation, le futur gouvernement aura la difficile tâche de trouver un juste équilibre entre la justice fondée sur la vérité et la stabilité politique. Chacun reste conscient que les militaires détiennent encore
un grand pouvoir après les élections, ajoute-t-elle.
Sur le plan socio-économique, relève le rapport, la politique néo-libérale du régime actuel a entraîné une dégradation de l’état social. La majorité des travailleurs travaillent sans aucune protection sociale, le sousemploi et le chômage sont endémique.
Les interlocuteurs de la délégation souhaitent en outre que des observateurs soient envoyés pour les élections de décembre comme ce fut le cas
pour le plébiscite. Il demandent enfin que les oeuvres d’entraide continuent d’appuyer le développement des zones rurales du pays, que les créanciers du Chili accordent au nouveau gouvernement, lors des négociations
pour le rééchelonnement de la dette de 1990, des conditions favorisant un
renforcement de la justice sociale et de la démocratie. (apic/com/pr)