"Eglisi" dresse un bilan à travers un dossier de 200 pages
Bruxelles, 26février(APIC) Avancées spectaculaires en Europe de l’Est.
déterioration dans le monde musulman et dans le sud-est asiatique: ce sont
les deux grandes conclusions que dégage "Eglisi", le service de presse de
l’Eglise du silence, dans une radiographie de la liberté religieuse dans le
monde en 1989, un dossier de plus de 200 pages créé sur la base de ses
communiqués de presse diffusés durant cette même période.
Pour "Eglisi", les récents changements à l’Est ont ouvert la voie à la
réconciliation entre le pouvoir civil et les Eglises, ce qui a permis à
celles d’entre elles qui vivaient dans la clandestinité, et particulièrement aux uniates d’Ukraine et de Roumanie, de sortir enfin des catacombes.
Cela s’est traduit par une plus grande liberté de culte, la réduction de
l’ingérence des Etats dans les affaires des Eglises, la disparition d’un
certain nombre de discriminations touchant les croyants, le droit de créer
et de gérer librement des associations humanitaires, sociales, culturelles,
etc, l’accès aux médias. Seule la liberté de créer des réseaux d’enseignement confessionnel, inexistante jusqu’en 1989, est restée stationnaire,
mais, observe "Eglisi", "l’année 1990 reste porteuse d’espoir dans les différents domaines relevant de la liberté religieuse".
En Chine, où le mouvement populaire pour la démocratie a été réprimé
dans le sang, les espoirs de libéralisation dans le domaine religieux se
sont évanouis, relève "Eglisi". Selon cette dernière, la liberté de conscience et de religion n’existe qu’en théorie et, dans la pratique, les entraves et les violations sont innombrables. Seules les Eglises faisant acte
d’allégeance au pouvoir civil peuvent déveloper "une certaine activité",
écrit "Eglisi", mais uniquement à l’intérieur des lieux de culte et des bâtiments religieux et à la condition qu’ils soient reconnus par l’Etat. Les
communautés catholiques restées fidèles à Rome et les "églises de maison"
protestantes non agréées sont par contre les cibles privilégiées de la répression. "Eglisi" relève aussi que la Chine a semblé jouer à la fin de
cette année "un rôle d’attraction vers les autres régimes communistes asiatiques voulant éviter d’être balayés par la perestroïka gorbatchévienne".
Déterioration dans certains pays islamiques
"Eglisi" évoque également la situation dans plusieurs autres pays. En
Birmanie, où rien n’a évolué depuis les mouvements de contestation enregistrés en 1987; au Vietnam, qui s’est rapproché de la Chine et où aucun progrès sensible en matière de liberté religieuse n’est à noter; en Corée du
Nord, où toute vie religieuse reste pratiquement inexistante; en Albanie,
où le régime, qui a applaudi à l’écrasement du mouvement pour la démocratie
à Pékin, continue à interdire toute vie religieuse et à imposer l’athéisme
à toute la population.
"Eglisi" note aussi une déterioration dans les pays où l’islam et l’hindouisme sont religion d’Etat. C’est le cas en Arabie Saoudite, un pays qui
"se considère comme une grande mosquée", en Iran, où tous les lieux sacrés
baha’is ont été confisqués, en Turquie, où les assyro-chaldéens et les yesidis sont voués à l’extinction. Dans bon nombre de pays musulmans, le
changement de religion est interdit par la loi sous peine d’emprisonnement
ou de châtiments corporels. Sous la poussée de mouvements intégristes, de
plus en plus de pays imposent l’islam comme religion d’Etat et la charia,
loi islamique, en lieu et place des codes civil et pénal. En Malaisie, Etat
fédéral, une "ordonnance pour contrôler et restreindre la propagation de
doctrines et de croyances religieuses non islamiques" est en vigueur dans
les Etats de Salangor et de Malacca. En Egypte enfin, des musulmans convertis sont toujours en prison et des centaines de demandes introduites par
les coptes en vue de la construction de nouvelles églises sont rejetées par
l’Etat.
Pierre blanche et pierre noire
En 1989, l’Inde a été le théâtre de nombreuses confrontations interreligieuses sanglantes entre hindous, musulmans et sikhs. Dans l’Etat indien
d’Arunachal Pradesh, toute forme d’évangélisation est interdite et toute
possibilité d’adopter une autre religion est donc exclue. Au Népal, où
l’hindouisme est religion d’Etat, de nombreuses personnes se trouvent actuellement en prison pour s’être converties au christianisme.
Si 1989 est à marquer d’une pierre blanche en ce qui concerne la situation de la liberté religieuse en Europe, elle n’a, en revanche, fait aucun
progrès en Chine et dans d’autres pays communistes proches et, conclut
"Eglisi", "elle est en recul dans le monde musulman qui, du Pacifique à
l’Atlantique, occupe une grande partie de la région méridionale de l’Asie,
le nord de l’Afrique et a tendance à s’étendre vers l’Afrique noire". Dans
ces grands ensembles régionaux de la planète, ajoute le rapport, quatre
pays se distingue particulièrement par leur manque de respect de la liberté
religieuse: l’Arabie Saoudite, l’Albanie, la Chine et le Népal. (apic/cippr)