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    Qui compose la haute administration de la Curie romaine sous Léon XIV?

    Depuis son élection, le pape Léon XIV a envoyé des signaux rassurants à la Curie romaine, administration centrale de l’Église catholique qui avait parfois été ébranlée par les ambitions réformatrices aux accents moralisateurs du pape François.

    Héritant de l’organigramme du Saint-Siège mis en place par le pontife argentin, le nouveau pape sera amené à effectuer des changements prochainement.

    «Les papes passent, la Curie demeure», a affirmé Léon XIV le 24 mai dernier à l’occasion de son premier discours aux employés de la Curie romaine et du Vatican. Ces paroles témoignent d’un changement de style par rapport à François. L’Argentin avait mis en garde ses collaborateurs contre le danger de se sentir «immortel» ou «indispensable» dans son célèbre discours sur les 15 maladies de la Curie prononcé en 2014.

    Limitation des carrières au sein de la Curie

    C’est notamment dans cette perspective que le pape argentin avait décidé de limiter les carrières au sein de la Curie. Il avait généralisé les missions de cinq ans (renouvelables une seule fois) pour les clercs dans sa Constitution apostolique Praedicate Evangelium (2022). Trois ans plus tard, cette norme est souvent appliquée, surtout parmi les collaborateurs du pape qui ont rang de préfet, pro-préfet ou de secrétaire.

    En effet, sur les 38 hauts collaborateurs que le pape Léon XIV a temporairement reconduits le 9 mai dernier, 82% sont en poste depuis moins de 10 ans (soit moins de deux mandats). Plus de la moitié ont même été nommés il y a 3 ans ou moins et ne devraient donc pas être remplacés immédiatement.

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    (Les personnalités surlignées en rouge sont des cardinaux, en vert des laïcs et en rose des femmes)

    Des collaborateurs expérimentés

    Du pontificat précédent, le pape américain hérite de plusieurs collaborateurs d’expérience, à commencer par son secrétaire d’État Pietro Parolin, bras droit de François en poste depuis octobre 2013. Le nouveau pape peut décider de suivre l’exemple du pape François qui garda le secrétaire d’État de Benoît XVI, le cardinal Tarcisio Bertone, pendant quelques mois afin de se donner le temps de choisir un nouveau collaborateur. Il pourrait aussi décider de continuer à s’appuyer sur le diplomate italien qui n’a que 70 ans et qui aurait reçu de nombreux scrutins lors du dernier conclave.

    S’il est fréquent pour un pape de nommer quelques hommes clés en début de mandat, il n’y a pas de renouvellement complet et rapide de l’administration vaticane après un conclave. En 2013, François s’était appuyé sur de nombreux collaborateurs nommés par Benoît XVI. C’était le cas du cardinal italien Fernando Filoni (Évangélisation des peuples), conservé pendant 5 ans, ou encore celui du cardinal allemand Gerhard Ludwig Müller (Doctrine de la foi) maintenu pendant 4 ans, malgré d’importants désaccords avec le pontife argentin.

    Le cardinal Koch pourrait rester encore un moment

    Le pape Léon XIV hérite même de deux responsables nommés par le pape allemand: le cardinal Kurt Koch (76 ans, Promotion de l’unité des chrétiens) et Mgr Rino Fisichella (73 ans, pro-préfet du dicastère pour l’Évangélisation), tous les deux en poste depuis 15 ans. Le Suisse et l’Italien ne devraient cependant pas être écartés immédiatement. En effet, le premier, qui a dépassé l’âge de la retraite canonique – fixé à 75 ans – est particulièrement occupé par l’anniversaire du Concile de Nicée, grand événement œcuménique commémoré cette année et auquel le pontife devrait participer en Turquie. Le second est la cheville ouvrière du Jubilé, grand événement en cours qui se terminera à la fin de l’année.

    Le cas du cardinal Konrad Krajewski, aumônier apostolique depuis 2013 et préfet du dicastère pour le Service de la charité depuis sa création en 2022, est différent. Membre de la Curie romaine depuis la fin du pontificat de Jean Paul II, ce Polonais est une figure incarnant la continuité entre les papes. Il joue également un rôle clé dans le soutien du Saint-Siège au peuple ukrainien – il a effectué de nombreuses missions dans le pays en guerre. Le pape Léon XIV pourrait cependant choisir de le nommer à la tête de l’archidiocèse de Cracovie – l’ancien diocèse de Jean Paul II – car l’actuel archevêque, Mgr Marek Jędraszewski, a dépassé l’âge canonique de la retraite en 2024.

    Diplomatie et droit canon

    Parmi les collaborateurs en poste depuis plus de dix ans figure aussi le Britannique Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États au sein de la secrétairerie d’État. Après un pontificat éprouvant pendant lequel il aura beaucoup voyagé, il pourrait hériter de l’archidiocèse de Westminster – l’actuel archevêque, le cardinal Vincent Nichols, aura 80 ans en novembre prochain. Néanmoins, ses quatre derniers prédécesseurs à son poste actuel, sans expérience pastorale comme lui, avaient tous poursuivi leur carrière au sein de la Curie.

    L’homme ayant la plus longue expérience de responsable à la Curie est le Basque Juan Ignacio Arrieta (Textes législatifs), qui célèbrera ses 75 ans dans moins d’un an. Il est pour sa part en poste depuis plus de 18 ans. Son profil de canoniste expérimenté, plus ‘technique’, peut expliquer sa longévité. Il paraît probable que le pape Léon XIV, lui-même docteur en droit canonique, suive avec attention la question de sa succession.

    Trouver un remplaçant aux Évêques

    Mais le principal dossier qui attend le pape Léon XIV aujourd’hui est celui de sa propre succession à la tête du très important dicastère pour les Évêques, qui sélectionne les profils des évêques d’une grande partie du monde. En 2005, il n’avait fallu que trois semaines au pape Benoît XVI pour nommer son successeur comme préfet de la congrégation de la Doctrine de la foi, Mgr William Joseph Levada, alors archevêque de San Francisco.

    Pour l’heure, le nouveau pape n’a pas encore tranché concernant le poste de préfet du dicastère pour les Évêques. Léon XIV pourrait promouvoir son ancien bras droit, l’influent et discret Brésilien Ilson de Montanari, nommé secrétaire en 2013, et qui cumule son poste avec celui de secrétaire du collège cardinalice depuis 2014.

    Mais il pourrait aussi vouloir confier ce dicastère à une personnalité ayant une expérience pastorale sur le terrain. Il pourrait alors se tourner vers un des cardinaux membres du dicastère, tel le cardinal français Jean-Marc Aveline, que le pape a rencontré hors de son programme officiel pendant une heure le 22 mai dernier, ou encore le Brésilien Sergio Da Rocha ou l’Américain Joseph Tobin. Il pourrait également choisir un simple évêque membre du dicastère, comme l’avait fait le pape François avec lui en 2023.

    Plusieurs préfets aux portes de la retraite

    Le pape devra enfin trouver des remplaçants à plusieurs cardinaux âgés qui doivent prendre leur retraite prochainement. C’est le cas du cardinal Michael Czerny (78 ans, Service du développement humain intégral). Il pourrait être remplacé par la secrétaire de ce dicastère, la religieuse salésienne Alessandra Smerili, ou par le sous-secrétaire, le cardinal scalabrinien Fabio Baggio. Le pontife a d’ailleurs reçu les numéro 2 et 3 du dicastère sans leur supérieur dans la matinée du 27 mai.

    Le mandat du cardinal camerlingue Kevin Farrell (77 ans) en tant que préfet du dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie, touche aussi bientôt à sa fin. Mais son remplacement devrait au moins attendre le Jubilé des jeunes à Rome cet été. Le cardinal Marcello Semeraro (77 ans, Cause des saints), qui fut un proche collaborateur de François, pourrait lui aussi prendre sa retraite dans les prochains mois. Cependant, il pourrait être un soutien précieux de Léon XIV puisqu’il a été au cœur de la réforme de la Curie romaine menée par le pontife argentin.

    Davantage d’Africains à la Curie?

    Au-delà des personnalités, la Curie compte des déséquilibres importants au regard de l’universalité de l’Église que le pape Léon XIV, dans la continuité de François, pourrait vouloir corriger. Près des deux tiers des hauts responsables sont actuellement des Européens, et, pour plus d’un tiers (37%), des Italiens.

    Si les Amériques et l’Asie sont relativement bien représentées, ce n’est pas le cas de l’Afrique, qui ne compte aucun préfet et seulement un secrétaire – le Nigérian Mgr Fortunatus Nwachukwu – ni de l’Océanie, qui n’a aucun haut responsable. Selon nos informations, certains cardinaux africains ont fait remonter à Rome ce constat ces derniers mois.

    Il faut noter aussi l’absence de hauts prélats allemands, français ou mexicains, mais surtout une sous-représentation inédite de représentants francophones. Parmi les préfets de dicastère, en dehors des diplomates de la secrétairerie d’État, seuls les cardinaux Czerny et Koch – qui pourraient tous les deux prendre leur retraite prochainement – parlent français couramment.

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    La féminisation de la Curie a été initiée ces dernières décennies mais s’est nettement accélérée sous le pontificat de François. À l’heure actuelle, les femmes représentent cependant moins de 10% des hauts responsables du Saint-Siège. Il est toutefois notable et significatif que la première nomination d’un haut responsable par Léon XIV soit celle de la religieuse italienne Tiziana Merletti comme secrétaire du dicastère pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Peu avant de mourir, le pape François avait aussi nommé la religieuse Raffaella Petrini à la tête du Gouvernorat de la cité du Vatican, et Sœur Simona Brambilla comme première préfète d’un dicastère.

    Enfin, la présence de laïcs dans la gouvernance de la Curie est un autre enjeu d’un point de vue «synodal», une dimension mise en avant par le pape Léon XIV dès sa première intervention. Ils sont actuellement deux à exercer de hautes responsabilités à la Curie: le préfet italien du dicastère pour la communication, Paolo Ruffini, dont la fin de mandat approche, et le secrétaire brésilien du dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie, Gleison De Paula Souza. (cath.ch/imedia/cd/rz)

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