Fribourg/Sion, 9août(APIC) Ils étaient prés de 2’000 jeunes venus de 27
pays à travers le monde, pour honorer avec leurs pieds et leur coeur le
500e anniversaire de la naissance du fondateur de la Compagnie de Jésus.
Ils ont accompli un long pèlerinage, du 18 au 31 juillet, sur les traces
d’Ignace, de François-Xavier et de Bernadette: comme une retraite, afin de
trouver Dieu en toutes choses. Ils ont éprouvé combien la spiritualité ignatienne reste adaptée aux besoins de notre temps.
Le Valais, comme d’autres cantons romands à des dates différentes,
l’avait déjà bien fêté lors de la quinzaine d’avril 91. Pour célébrer le
jubilé de saint Ignace, les "réseaux-jeunes" des Jésuites francophones, les
mouvements et congrégations d’inspiration ignatienne ont proposé aux jeunes
du monde entier un pèlerinage de Lourdes à Loyola, par 4 routes différentes
et en 3 grandes étapes, de la France à l’Espagne, à travers les Pyrénées.
Lourdes, Xavier, Loyola
Au départ: Lourdes, parce que Marie est est de tous les commencements.
Une étape méditation sur l’histoire sacrée de chacun et une invitation à
goûter ce pour quoi chacun est fait.
Seconde étape: Xavier, petit village de Navarre, lieu du château familial de François-Xavier, fils de diplomate, ambitieux, voulant faire carrière
et répondre à l’appel du roi... jusqu’à ce qu’il entende l’appel d’un autre
Roi. Méditation sur les appels du monde et ceux de Dieu.
Enfin Loyola, patrie d’Ignace, sur le thème de la fraternité avec Jésus:
nous sommes des compagnons, non des esclaves.
Une finale grandiose
La fête finale à Loyola le 31 juillet a particulièrement impressionné
les 5 Valaisans et les 25 Romands, venus des cantons de Genève, Vaud, Fribourg et Jura. C’est que 60’000 Basques, s’étaient joints à eux pour célébrer solennellement le saint patron de leur "nation".
Soeur Josiane, jeune Ursuline de Sion, à Cité Printemps, rapporte: "Ce
fut pour moi une véritable retraite selon la pédagogie des Exercices, avec
une grande exigence de cohérence entre ce temps privilégié de pèlerinage et
ma vie quotidienne". "La gloire de notre Père, c’est que nous demeurions
dans l’amour du Christ par la prière et la contemplation et que nous portions beaucoup de fruits par l’action, là où nous vivons". "Tout faire à
chaque instant pour la plus grande gloire de Dieu . Les Fils d’Ignace pour qui le corps est un lieu de discernement - ne sont pas des désincarnés. La vie intérieure a besoin de la pédagogie des pieds". "Saint Ignace
décrit l’alternance des consolations et désolations du coeur à l’image des
contrastes entre les paysages riants et désolés de sa patrie sauvage".
Une spiritualité moderne
"La démarche des Exercices m’a donné de précieux outils pour affirmer ma
décision personnelle et réajuster mes points de repère dans la foi", poursuit la religieuse valaisanne. Une approche très "moderne" née dans un XVIe
siècle agité par mille idées et ébloui par les nouvelles visions du monde
de la Renaissance. Un XVIe siècle très proche de notre XXe siècle, où tout
paraît possible mais où chacun est en quête de balises et de références.
"Etre libre, ce n’est pas faire ce que je veux, mais vouloir ce que je
fais", comme Soeur Josiane, qui ajoute: "Etre chrétien, c’est savoir se
désinstaller pour mieux s’enraciner". (apic/fxa/sjb).