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    Documentaire vidéo réalisé par une équipe catholique de Taiwan

    Que signifie être catholique en Chine aujourd’hui ? (210390)

    Taipei, 20mars(APIC) Que signifie être catholique en Chine aujourd’hui?

    Qu’est-il advenu des trois millions de catholiques chinois qui composaient

    l’Eglise avant l’arrivée au pouvoir des communistes en 1949 ? Quel impact

    ont eu la prison, l’éloignement de la famille et la "rééducation" sur ceux

    qui ont survécu aux dix années de chaos engendré par la Révolution culturelle ? C’est à ces questions que la société taïwanaise "Kuangchi Program

    Service" à Taipei espère apporter une réponse grâce à un documentaire vidéo

    sur la vie de l’Eglise catholique tourné en Chine au cours de l’été 1989,

    tout de suite après les événements de T’ien an Men.

    Une équipe de Kuangchi composée de cinq hommes - dont le Père jésuite

    Jerry Martinson, producteur exécutif et son confrère John Privett, réalisateur - est entrée en Chine avec des visas touristiques. Elle a joui de deux

    semaines de liberté relative au cours desquelles elle a pu interviewer et

    filmer des catholiques à Chongqing et dans les environs, dans la province

    centrale de Sichuan, et à Changchun, dans la province de Jilin, au nord-est

    de la Chine. Près de Changchun, ils ont filmé la vie dans un petit village

    de 2’400 personnes comptant plus de 95 % de catholiques et qui a donné à

    l’Eglise trois évêques, trente prêtres et plus de cent religieuses. De jeunes soeurs et des séminaristes, chez eux pour les vacances d’été, dispensent chaque jour des cours de religion à presque tous les enfants du village.

    L’Eglise catholique déchirée dans la province de Hebei

    L’équipe de Kuangchi a ensuite essayé de tourner dans la province de Hebei (autour de Pékin), où l’on recense près du tiers des catholiques de

    Chine. Malheureusement, le Hebei est une région où l’Eglise vit une situation difficile, divisée qu’elle est entre ceux qui coopèrent avec le gouvernement et soutiennent l’Association Patriotique des Catholiques de Chine

    (APCC) et ceux qui refusent de coopérer et veulent rester loyaux envers le

    Vatican. Ces derniers ont choisi de vivre leur "catholicité" dans la clandestinité, en opposition avec les directives gouvernementales. En raison de

    cette situation délicate, l’autorisation de tourner dans cette région n’a

    pas été donnée à l’équipe. De fait, de nombreuses régions restent interdites aux étrangers, comme l’équipe de tournage a pu le constater quand elle

    a voulu filmer à Xianxian.

    Les dernières semaines de tournage se sont déroulées sous haute surveillance, mais le permis a toutefois ouvert certaines portes. L’Observatoire

    de Pékin - où l’on peut voir des instruments astronomiques dessinés voici

    300 ans par le Père Ferdinand Verbiest, ainsi que la tombe du Père Matteo

    Ricci - sert de camp militaire depuis la promulgation de la loi martiale en

    mai. L’équipe de Kuangchi a tout de même pu filmer ces deux sites habituellement interdits aux visiteurs.

    Lors de son passage dans le diocèse de Wuhan, dans la province de Hebei,

    l’équipe a interviewé Mgr Dong Guangqing, le premier évêques élu et ordonné

    en Chine communiste sans l’approbation du Vatican. Mgr Dong a manifesté sa

    fidélité au pape et son désir d’être uni à Rome. L’équipe a filmé la messe

    qu’il célébre en latin et au cours de laquelle les fidèles chantent des

    hymnes à la Vierge Marie et au "Grand Pape", les deux maisons de formation

    religieuse du diocèse et le séminaire régional du sud de la Chine.

    A Wuxi, à quatre heures de route de Shanghai, en longeant le Grand Canal, l’équipe de Kuangchi a filmé une journée extraordinaire, entièrement

    consacrée à des services religieux, le 15 août, jour de l’Assomption. Des

    milliers de familles de pêcheurs, tous catholiques, étaient venues de leurs

    villages en bateau pour se confesser, entendre la messe et recevoir la communion; pour faire baptiser leurs bébés, célébrer les mariages et bénir

    leurs bateaux de pêche.

    Interdiction de filmer la messe en chinois

    A Wanxian, dans la province de Sichuan, l’équipe de Kuangchi s’est rendue dans le diocèse de Mgr Matthias Duan Yinmin, un évêque nommé par le Vatican, qui force le respect à la fois des catholiques officiels, des catholiques clandestins et des représentants du gouvernement. Ce vieil évêque de

    83 ans, qui travaille toujours d’arrache-pied, s’était arrangé pour que

    l’équipe de Kuangchi puisse filmer les activités des "nouvelles" communautés dans des villages de montagne évangélisés principalement par des catholiques laïcs zélés.

    Malheureusement, l’APCC et le Bureau des Affaires Religieuses n’ont pas

    autorisé l’équipe à filmer la messe dominicale de Mgr Duan telle qu’il la

    célèbre habituellement: en chinois et face aux fidèles. Cette pratique

    reste interdite en Chine, où les messes sont célébrées en latin, le prêtre

    tournant le dos aux fidèles.

    Une profonde allégeance au pape

    Après un séjour de sept semaines et malgré certaines restrictions et

    quelques déceptions, l’équipe a pu quitter la Chine avec près de 30 heures

    de pellicule sur la vie des catholiques chinois. Le film fait apparaître

    une profonde allégeance au pape, des vocations en grand nombre, la rénovation et la réouverture des églises, un grand intérêt pour une nouvelle génération de prêtres, les services que l’Eglise rend à la société, les activités autofinancées, les séminaires et les maisons de formation, les besoins de l’Eglise, les activités pastorales et des liturgies émouvantes.

    A la demande de toutes les parties concernées, les activités et les personnalités de l’Eglise clandestine n’apparaissent pas clairement dans ce

    documentaire. Cela aurait pu, d’une part, embarrasser l’Eglise "officielle"

    et, d’autre part, faire courir de grands risques aux membres de l’Eglise

    clandestine. Les problèmes rencontrés de part et d’autre transparaissent

    toutefois assez nettement dans les séquences et les interviews. Il est

    clair que les catholiques chinois ont à faire face à une situation particulière, difficilement compréhensible, et pour laquelle il n’existe pas de

    solution simple. (apic/unda/ak)

    Ce documentaire d’une heure est composé de trois séquences de vingt minutes

    chacune (les catholiques de la campagne; les vocations et la vie religieuse; les catholiques de la ville). Il est distribué dans le monde entier dès

    à présent. Ecrire à Kuangchi Program Service, P.O. Box 24-42, Taipei 10654,

    Taïwan.

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