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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Stève Bobillier scrute depuis l'été 2018 les horizons de la bioéthique © Raphaël Zbinden

    "Que nos choix reflètent nos espoirs et non nos peurs"

    Dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, la commission de bioéthique de la Conférence des évêques livre sa réflexion et son appel à la solidarité par la voix de son secrétaire Stève Bobillier.

    Stève Bobillier, collaborateur scientifique, Conférence des évêques suisses

    Deux

    mythes modernes s’effondrent. Premièrement, la médecine n’est pas

    toute-puissante. Nous ne sommes pas "maître et possesseur" de la

    Nature, comme pensait Descartes. Certes, nous sommes mieux armés pour limiter

    les pandémies et en traiter certaines. Pour autant, la réalité ne change pas.

    Elle nous ramène à une vérité essentielle: toute vie est fragile et nous devons

    en prendre soin.

    Un

    deuxième mythe s’effondre: celui de l’autonomie de l’individu. Notre société

    connaît une profonde ambiguïté: d’un côté, il y a une grande attention à son

    corps, à sa santé, à la performance, à la volonté de prolonger sa vie. Tout

    ceci est compris du point de vue individuel. De l’autre côté, face à cet

    ultra-libéralisme, le sens du collectif a été mis de côté. On a oublié que

    l’action des uns a des répercussions majeures sur les autres. Bien plus que la

    fragilité de la vie, c’est de la fragilité de nos valeurs, comme la solidarité,

    le bien commun et le soutien du plus faible, dont il faut prendre conscience

    aujourd’hui.

    Cette

    crise aura du bon, si nous parvenons à en faire sortir quelque chose de grand.

    L’histoire a montré que la sortie dépend de la solidarité, de l’échange de

    connaissance, de l’esprit d’ouverture, de la volonté de prévention. Certes,

    nous n’en sortirons pas indemne. Nous devrons vivre avec nos cicatrices. Mais

    cette pandémie est l’occasion de renforcer le tissu social et de changer de

    mentalité.

    Un

    exemple. Si la quarantaine est difficile à vivre pour tous, la seule chose que

    nous pouvons véritablement changer dans cette situation est notre attitude.

    Dépasser nos peurs paniques, pour s’orienter vers nos espoirs. Profiter de

    découvrir un mode de vie plus simple, de saisir l’intérêt de l’ennui, qui ouvre

    à l’imagination, à l’émerveillement pour les petites choses. Profiter de la

    chance de jouer avec ses enfants, de parler avec son conjoint, de se retrouver.

    Inventer des manières d’être proche à distance, de téléphoner à ses amis, de

    discuter avec ses voisins sur le balcon.

    La

    pandémie va passer. "Si épaisse que soit la nuit, il y a toujours une

    lumière", disait Hugo. La question est de savoir si nous pouvons penser le

    collectif maintenant, pour limiter cette crise, et après, pour maintenir ce

    sens du social si fragile. Soutiendrons-nous ces héros de toujours, que sont

    les soignants, lorsqu’il faudra voter pour l’initiative pour des soins

    infirmiers forts? Serons-nous toujours présents pour nos proches après le virus?

    Continuerons-nous à défendre les valeurs, pourtant essentielles, du vivre

    ensemble?

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