Quatrième journée de la visite du pape en Angola (080692)
Luanda, 8juin(APIC) Dimanche, Jean Paul II a passé la quatrième journée
de sa visite en Angola à Luanda, la capitale. Dans la matinée, il a célébré
une messe à l’occasion de la clôture commémorative du 500e anniversaire de
l’évangélisation de l’Angola. Trois rencontres avec les évêques, avec les
représentants des autres Eglises chrétiennes et avec les jeunes. Un thème
dominant, déjà abordé lors des trois premières journées de la visite: la
famille.
Dans l’homélie de la messe qu’il a présidée dimanche matin, le pape a
exorté les chrétiens à un nouvel élan évangélisateur, qui concerne toutes
les forces vives de l’Eglise.
Se référant au premier Congrès national des laïcs, qui se tiendra prochainement dans le pays, il a mis l’accent sur la responsabilité pastorale
des laïcs. Ils doivent être "le ferment vivant de l’Evangile dans toutes
les structures de la vie sociale, économique, et politique du pays".
L’Eglise et la patrie ont besoin d’eux pour la reconstruction du pays. Celle-ci ne peut être exclusivement matérielle et économique, mais elle doit
être d’abord "morale et spirituelle", a-t-il affirmé. Parmi les tâches assignées aux laïcs, le pape a cité la promotion de la dignité et des droits
de l’homme et de la femme, la protection de la vie dans toutes ses phases
et la défense de la famille menacée par les idéologies et par des campagnes
qui attentent à son unité et à son indissolubilité. Il a mis aussi en exergue la participation à la vie politique en vue de l’édification d’une société pluas libre, juste et solidaire et l’usage des communications sociales pour la diffusion d’une culture chrétienne.
Au cours de l’Angélus, le pape a prié, en cette fête de la Pentecôte,
pour que l’Esprit d’unité et de paix accorde "la grâce de réussir à abattre
les murs qui séparent, pour travailler ensemble à la reconstruction du
pays". Il a demandé "fermement" aux Angolais de de "rechercher le dialogue,
de surmonter leurs appréhensions et de se consacrer à la reconstruction de
leur patrie".
Rencontre avec les évêques
Jean Paul II a ensuite rencontré les membres de la Conférence épiscopale de l’Angola et de Sao Tomé et Principe. Dans son discours, il est revenu
sur le thème de la famille. "Si, d’une part, elle jouit d’une grande estime
au sein des traditions africaines, elle est aussi confrontée à des modèles
et contre-valeurs qui ne respectent pas toujours son lien sacré et le droit
à la vie de l’enfant après sa conception". Il a observé aussi que "le mépris du caractère sacré de la vie dans le sein maternel affaiblit l’authentique structure de la civilisation".
La tentation de quitter le pays
A propos des jeunes, Jean Paul II a souligné qu’après tant d’années de
violence, ils ont besoin d’entendre la Parole de Dieu qui remplit le vide
spirituel que l’athéisme et d’autres idéologies matérialistes ont laissé
dans leurs âmes. Il a aussi remarqué que "l’amour des jeunes pour leur peuple devra être plus fort que les tentations de s’établir dans un pays moderne, même si cela leur semble plus facile que de moderniser leur propre
pays".
Un défi pour l’oecuménisme
Après une visite à l’hôpital central de Luanda, Jean Paul II s’est rendu
au grand séminaire de Luanda, où se tenait une rencontre oecuménique. Le
gouvernement marxiste, en 1976, avait nationalisé les biens de l’Eglise. Il
a restitué le grand séminaire en 1991. En très mauvais état, on vient d’en
terminer sa quasi-reconstruction.
Après avoir béni les nouveaux bâtiments, le pape s’est adressé aux participants de la rencontre oecuménique: "Le moment que vous vivez dans votre
nation constitue un défi patriotique adressé à tous les chrétiens. Engagezvous dans la consolidation de la paix nationale. Vous, chrétiens angolais,
ne pourrez exercer efficacement la mission de la réconciliation qu’en vous
tenant par la main , dans un esprit oecuménique. L’aide aux réfugiés, la
réunion des personnes dispersées par la guerre, la reconstruction du monde
rural peuvent être des signes concrets de cette collaboration oecuménique".
Aux jeunes: "Ne vous laissez pas leurrer!"
La journée s’est conclue par une réunion avec les jeunes au "Pavilhao",
le palais des sports. Jean Paul II a évoqué la situation difficile dans laquelle se trouve la population, après une longue guerre civile: maisons
brûlées, villages détruits, vie des villes boulversée, maintien d’anciennes
querelles à caractère idéologique ou d’origine tribale, enfin l’esprit
d’inertie et l’absence de motivation.
Le pape a alors invité les jeunes à ne pas se laisser leurrer par la
"tentation d’une vie facile, par le sensualisme et par tout ce qui corrompt
la personne". Ne recherchez pas ce qui est facile, a-t-il dit aux jeunes,
mais ce qui est bon, car ce n’est que "dans le bien que vous trouverez la
liberté, la paix et votre réalisation personnelle". Le pape a encore ajouté: "La polygamie, l’amour libre, les unions sans sacrement sont des voies
fausses et trompeuses". (apic/cip/ba)