"L’Effort camerounais" : l’enquête n’a pas encore abouti
Une affaire très grave, pour Mgr Ntalou, évêque de Yagoua
Fribourg, 20février(APIC) Dans la matinée du 27 octobre dernier était retrouvé assassiné dans sa chambre l’abbé Joseph Mbassi, rédacteur en chef de
"L’Effort camerounais", à Yaoundé, un journal catholique dépendant de la
Conférence épiscopale camerounaise. Selon Mgr Antoine Ntalou, évêque de Yagoua, au Nord Cameroun, l’assassinat du P. Mbassi est "une affaire très
grave", mais l’enquête n’a pas encore abouti.
Quatre mois après ce crime, qui a secoué la communauté catholique camerounaise, on n’en connaît pas encore les motifs, a déclaré à l’agence APIC
Mgr Ntalou, qui se trouve actuellement en Suisse dans le cadre de la campagne de Carême. Le cadavre mutilé du prêtre-journaliste avait été retrouvé
par un confrère résidant dans le même pensionnat ou logent de nombreux
prêtres. Les enquêteurs ont été surpris par le fait que les voisins n’ont
rien entendu et que l’appartement était parfaitement en ordre, sans trace
de lutte. Plus étrange encore, aucun objet ne semble avoir été dérobé. Selon l’abbé Etienne Ngué, responsable du pensionnat, l’homicide est "l’oeuvre de professionnels".
Le P. Mbassi avait 36 ans et la Conférence des évêques du Cameroun l’avait appelé quelques mois auparavant à la tête de ce journal pour le
transformer de feuille locale - comme cela avait été le cas avant la suspension de la publication - en journal au service de tous les catholiques
du Cameroun. Mgr Ntalou souligne que Mgr Jean Zoa, archevêque de Yaoundé dont dépendait le P. Mbassi - a été interpellé à ce sujet lors de l’assemblée de l’épiscopat le mois dernier. Il a déclaré alors n’avoir encore
aucun élément concret pour pouvoir porter un jugement quelconque.
Un crime politique ?
Pour Mgr Ntalou, c’est uniquement l’enquête qui dira s’il s’agit d’un
crime politique ou d’un crime de droit commun. "Mais pour nous, déjà le
fait qu’il s’agit d’une mort violente, brutale, c’est une affaire très grave, relève l’évêque de Yagoua, alors, que ce soit une vengeance, que ce
soit politique... c’est très dommage pour le pays en général et pour l’Eglise en particulier, car le travail de presse qu’il effectuait était très
important". Cette mort touche d’autant plus l’Eglise camerounaise que
"L’Effort camerounais", après avoir interrompu des années durant sa parution, venait d’être relancé par l’équipe dirigée par l’abbé Joseph Mbassi.
Mgr Ntalou ne pense pas que ce soit l’activité journalistique de l’abbé
Mbassi qui l’ait mis en danger, bien que le journal n’ait pas épargné particulièrement les autorités. Mais il n’y avait ni conflit ouvert ni polémique avec le gouvernement, tient-il à souligner. (apic/be)