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    Quand la sphère privée du malade et son intimité ne sont pas respectées

    Au cours du séminaire "Protection des données dans l’Eglise", Dominique Nouveau Stoffel, préposée à la protection des données du canton de Fribourg a cité un exemple qui va contribuer à modifier la pratique hospitalière dans le canton. Une jeune femme, dans le cadre des prescriptions légales, a été admise pour une interruption de grossesse. Hospitalisée depuis la veille, elle a reçu la visite du curé de sa paroisse l’après-midi même où elle devait être opérée. Ensuite, elle a refusé de faire l’avortement prévu. "On peut penser ce que l’on veut du fait qu’elle ait gardé son bébé; mais sur le processus, l’hôpital a été interpellé, il y a eu de vives réactions".

    Dans la réalité, le curé de la paroisse de domicile était là peut-être simplement par hasard, dans le cadre de visites habituelles, sans connaître la cause de l’hospitalisation. Le domaine étant particulièrement sensible, cela a été interprété par certains comme une pression qui aurait pu être exercée sur cette femme pour la dissuader d’avorter.

    Suite à cela, la pratique a été changée: seul le personnel de l’aumônerie, considéré comme faisant partie de l’hôpital, recevra la liste des patients, et pas les visiteurs de malades rattachés aux paroisses qui, eux, ne sont pas considérés comme des auxiliaires des deux aumôneries reconnues, catholique et protestante.

    Doléances des patients

    Directeur de l’hôpital cantonal, Hubert Schaller reçoit à l’occasion les doléances de patients qui n’ont pas envie que tout le quartier sache qu’ils sont hospitalisés. "Des patients peuvent nous critiquer à juste titre en disant que nous transmettons des données privées à des tiers, c’est pour cela que nous cherchons à trouver un nouveau système qui implique le consentement du patient." On pourrait par exemple demander au patient à l’entrée s’il est d’accord que des visiteurs de paroisse viennent les trouver. Et Hubert Schaller d’insister: "Quand on parle de protection des données, il faut préciser qu’elle est faite dans ce cas pour protéger la sphère privée des malades".

    (apic/be)

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