Prostitution enfantine en Asie, en Amérique latine (051191)
Berne, 5novembre(APIC) La prostitution enfantine en Asie, en Amérique
latine et en Afrique: ça suffit! Une trentaine d’organisations suisses
d’entraide et de coopération au développement s’associent à une campagne
mondiale lancée par les Eglises d’Asie pour dénoncer et faire cesser ces
pratiques. Elles ont lancé lundi à Berne, une campagne afin de demander à
la Suisse d’"apporter une contribution concrète dans la lutte contre
l’exploitation sexuelle des enfants chez nous comme dans le tiers monde", a
expliqué Maya Krell, coordinatrice de la campagne.
La prostitution enfantine prend des proportions dramatiques en Asie où
des centaines de milliers d’enfants se retrouvent dans les rues, utilisés
dans l’industrie de la prostitution. En Thailande, par exemple, on estime
le nombre de maisons closes à 60.000 et celui des prostituées à deux
millions dont 800.000 n’auraient pas seize ans...
L’exploitation du sexe se répand également en Afrique et en Amérique
latine. Face à la peur du sida, la demande de prostitué(e)s mineur(e)s
augmente constamment. Cette situation est la conséquence de
l’appauvrissement de larges couches de la population, de l’appât du gain,
mais aussi du tourisme sexuel en provenance des pays industrialisés.
Selon les responsables de la campagne, il existe un rapport étroit entre
le tourisme sexuel et la violence sexuelle exercée contre des enfants en
Suisse. De fait ce n’est pas la sexualité qui figure au premier plan, mais
le plus souvent le pouvoir et la violence. Les coupables sont dans les deux
cas des hommes "tout à fait normaux". D’où l’importance d’une large
information, de l’adaptation et de l’application des normes légales.
Dans une plate-forme commune, les organisations proposent une série de
moyens de lutte: la ratification immédiate par la Suisse de la convention
de l’ONU sur les droits de l’enfant, l’application des lois existantes, une
politique extérieure et économique plus juste, un travail d’information et
de prise de conscience par les médias, des mesures de prévention, des
offres de thérapie pour les victimes et des démarches auprès des agences
pour décourager le tourisme sexuel. Une série d’actions concrètes se
dérouleront sur toute une semaine au printemps 1992, lorsque les chambres
fédérales débattront de la ratification de la convention de l’ONU sur les
droits de l’enfant.
Parmi les organisations engagées dans cette campagne figurent notamment
Caritas suisse, l’Entraide Protestante, les Associations féminines
catholiques et protestantes, l’Action de Carême, Pain pour le Prochain,
Justice et Paix, Swissaid et Terre des Hommes. (apic/mp)