Projet de recherche Aly Keïta
dans le développement de la société africaine, en milieu rural et urbaine.
Depuis l’avènement des moyens communication de masse en Afrique les autorités publiques se sont appropriées assez vite pour assurer le contrôle et
imposées des directives. Cette situation donne à l’Etat le monopole total
sur les moyens de communication de masse. La Radio, la Télévision et la
presse sont restées propriété de l’Etat. L’usage que les gouvernements en
font des médias en Afrique transforme ceux-ci en instrument de propagande
en faveur du régime au pouvoir. Il n’existe presque pas de liberté de la
Radio, de la Télévision et de la presse, car cette liberté est incompatible
avec la notion du pouvoir. La liberté d’opinion et d’expression est limitée, cette limite est déterminée par le gouvernement. Il se réserve la
compétence d’autoriser la publication de telle ou telle nouvelle. Les décisions gouvernementales ne reposent sur aucune base légale ou juridique.
pour assurer l’éducation de la population et ouvrir la masse ignorante à
l’alphabétisation et au progrès technologique l’influence de l’Etat dans le
domaine de la communication de masse est si grande que cette influence
transforme la population en un simple instrument passif. Les médias se
trouvent constamment séquestrés, cette séquestration freine le développement et la motivation. L’effet, c’est la sous-information ou insuffisance
d’information de la part des médias locaux, qui ne parviennent pas à mobiliser la population dans la bataille pour le développement. On constate
dans la plupart des pays africains une indifférence de la population à
l’égard des médias locaux, un intérêt beaucoup plus grand pour ceux de
l’étranger (Occident et Amérique du Nord). C’est la conséquence directe de
l’entrave à la liberté de rechercher, de diffuser et de recevoir les informations et les opinions. Les journalistes savent que leur liberté dans la
recherche et dans la diffusion de l’information est surveillée, pour survivre, ils utilisent à la perfection l’art de s’aligner à la politique du
régime, indépendamment de leur idéologie et de leur tendance politique. Les
médias fonctionnent sans aucune protection juridique ou légale. Les professionnels ne sont quasiment pas protégés, les lois qui régissent et contrôlent le fonctionnement des médias, ne sont que des mécanismes qui permettent de transformer ceux-ci en instrument docile de l’élite au pouvoir.
La Radio et la Télévision sont en majorité sous contrôle étatique, cette
situation empêche la population de déterminer qu’elle type de développement
elle souhaiterait, elle affaiblit la stimulation et la motivation, émousse
le sens critique des journalistes, assujeti le public et réduit au silence
ceux qui s’indignent devant la corruption et l’incapacité des classes dirigeantes. Ces lois se basent sur l’impératif de la sécurité de l’Etat. Les
journalistes qui travaillent dans ces conditions ont de la peine à fixer la
limite entre la transgression de cette sécurité d’Etat et l’exercice honnête de leur profession. L’Afrique a connu presque autant de codes et de décrets sur les médias qu’elle a vu de changement de gouvernement, voire de
changement d’humeur de celui-ci. Il y a une contradiction flagrante entre
l’appel des gouvernements à mettre en place un journalisme de développement
efficace et la réalité médiatique présente.
Le modèle africain s’appuie sur la population rurale appauvrie qui est
le principal agent de développement et qui est malheureusement la moins informée. Les produits d’information sont destinés à l’élite urbaine qui batit sa fortune sur le dos des pauvres vivant dans les zones rurales. Dans
la majorité des Etats africains les médias locaux ont peu d’influence et de
crédibilité auprès de son public, cette situation vient du fait que les médias locaux passent une grande partie du temps à reproduire constamment les
discours officiels des autorités, ainsi la population tourne le dos et
s’intéresse aux médias étrangers surtout ceux du Nord. Actuellement en
Afrique les informations en provenance du Nord sont abondantes alors que le
flux dans le sens inverse est assez maigre. Mon projet cherchera à à expliquer la situation des médias dans le développement et leur impact dans
l’avènement d’un régime démocratique basé sur le modèle Occidental.