Proche-Orient: la paix en panne? (220591)
les évêques français responsables de "Pax Christi" et "Justice et Paix"
Paris, 22mai(APIC) Voilà des semaines qu’au Moyen-Orient les armes se
sont tues. La guerre du Golfe a pris fin. Mais on n’en a pas fini avec les
drames qu’elle a générés, ni avec les problèmes qui l’ont provoquée. La
paix est en panne. C’est ce que constatent Mgr Joseph Rozier, évêque de
Poitiers, président de "Pax Christi" France et Mgr Jacques Delaporte, évêque de Cambrai, président de la Commission française "Justice et Paix".
Pour eux, la solution du problème israélo-palestinien est essentielle pour
gérer les bases d’une paix véritable.
"La paix s’enlise. Le nouvel ordre international qu’on avait escompté
semble hors d’atteinte. Nous voilà dans une situation dangereuse. Il y a
pire qu’une violence déchaînée: c’est une espérance assassinée", s’insurgent-ils dans un communiqué publié mercredi.
Tout en insistant sur le fait qu’il est impossible de se résigner face à
"une situation dont la complexité effraie mais dont l’urgence ébranle", les
évêques de Poitiers et Cambrai estiment que "les raisons qu’on invoquait
avant le conflit pour expliquer le déclenchement de la guerre s’imposent à
nouveau pour expliquer l’échec de la paix".
Israël doit être reconnu dans sa légitimité. Le peuple palestinien doit
se voir reconnaître un statut d’Etat à part entière, poursuit le communiqué. Selon Mgr Rozier et Mgr Delaporte, "la mobilisation internationale qui
a joué pour faire valoir les droits d’un peuple injustement envahi, doit
jouer pour faire retentir et aboutir les aspirations légitimes des Palestiniens: à l’organisation des Nations Unies de trouver les moyens d’intervention et de pression susceptibles de faire respecter les solutions adoptées". Ils rappellent en outre que les représentants du peuple palestinien
ont accepté les résolutions de l’ONU qui prévoient deux Etats pour deux
peuples: "Cela ne débouche pas sur une solution politique significative,
principalement du fait du gouvernement d’Israël".
"Le problème n’est pas le seul qui demande à être pris en compte. Mais
celui-là commande les autres dans leurs données et dans leurs solutions: le
Liban, le peuple kurde, d’autres encore, attendent qu’on leur fasse justice. Puisse la dynamique de paix et de justice qui aura jailli et prévalu en
amont, c’est-à-dire dans le conflit israélo-palestinien, s’étendre à tous
les peuples de la région", concluent les deux évêques. (apic/com/pr)