Prochaine reprise des relations diplomatiques (290791)
Interview d’un membre de la délégation du Saint-Siège en Albanie
Rome, 29juillet(APIC)"Dans quelques jours, le Saint-Siège et l’Albanie
auront des relations diplomatiques". C’est ce qu’a déclaré dans une interview au correspondant de l’agence APIC à Rome Vincenzo Paglia, un prêtre
romain membre de la délégation du Saint-Siège en Albanie. Ce pays, qui a
souffert la persécution pendant des années, a besoin, a-t-il ajouté "de solidarité de la part de toutes les Eglises".
L’abbé Paglia, qui repart mercredi prochain en mission pour l’Albanie,
avait déjà fait partie de la délégation composée de l’évêque italien Ercole
Lupinacci et du Père Pietro Majone qui s’était rendue en Albanie. Selon
lui, les relations qui seront établies entre les deux Etats seront entières
au niveau des nonciatures.
"Prier était un crime contre la Constitution"
L’Eglise catholique en Albanie a été pendant des années victime de graves persécutions. "C’était le seul Etat athée par Constitution, a souligné
Vincenzo Paglia. A Moscou, on peut prier, en Chine, on peut prier; en Albanie, prier était un crime contre la Constitution", note le prêtre italien.
Tous les prêtres catholiques du pays, a-t-il ajouté, ont été en prison; les
images religieuses dans les maisons étaient interdites. Certaines églises
ont été détruites, d’autres mal conservées. Une église à Shkodra (Shkoder),
dans le nord du pays, avait même été transformée en Palais des sports. "La
situation, souligne l’abbé Paglia, était vraiment tragique". Ce qui a donné
lieu, d’une part, à "un grand besoin de Dieu", de l’autre à "la destruction
dans tant de coeurs de tout sentiment religieux".
"Il faut recréer, réorganiser l’Eglise
Maintenant cette situation a changé. Selon le prêtre, ce changement est
dû à "une très grande disponibilité" manifestée par Ylli Bufi, l’actuel
premier ministre albanais que l’abbé Paglia a rencontré durant sa mission
et qui, le 4 juillet dernier, avait été reçu au Vatican par le pape. L’abbé
Paglia a encore observé que l’ancien premier ministre Fatos Nano avait déclaré au cours de leur visite que "notre erreur historique en abolissant la
religion a été celle d’avoir éliminé en même temps les conditions de la vie
sociale. Certaines valeurs comme le sacrifice, la solidarité, l’engagement
sont aujurd’hui absentes dans la société albanaise, entre autres parce que
nous avons détruit la religion".
L’abbé Paglia a indiqué qu’en Albanie - qui compte pour le moment 33
prêtres - "une grande partie de la population (environ 3 millions) sont des
jeunes. Il est nécessaire de faire un grand effort pour la catéchèse et
l’évangélisation. Un effort qui va de l’envoi de bibles à l’instruction religieuse. Il s’agit de recréer, de réorganiser l’Eglise".
L’Albanie compte 10% de catholiques, 70% sont de musulmans et 20% d’orthodoxes. Elle a "besoin de solidarité, d’aide de la part de toutes les
Eglises, a relevé l’abbé Paglia. Le vrai problème de l’Albanie aujourd’hui
n’est pas politique, mais économique. L’économie est totalement détruite".(apic/jt/sjb)