"L’Eglise ne s’identifie à aucun projet politique"
San Salvador, 9 février(APIC) "L’Eglise ne s’identifie à aucun projet politique; le chemin de l’Eglise est l’homme", a déclaré dimanche l’archevêque salvadorien Rivera Damas, qui s’est montré confiant dans le processus
de paix en cours actuellement au Salvador. Dans une interview accordée à
l’agence APIC, l’archevêque de San Salvador a souligné que tous les secteurs de la société salvadorienne aspirent ardemment à la paix. Mgr Rivera
Damas a rejeté les accusations du parti au pouvoir, l’ARENA, selon
lesquelles l’Eglise catholique serait en faveur des thèses de la guérilla.
Tant le gouvernement de droite du président Alfredo Cristiani que la
guérilla marxisante du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN)
ont déclaré vouloir s’engager de toutes leurs forces pour la reconstruction
du pays, a précisé Mgr Rivera Damas, une personnalité qui s’est beaucoup
engagée en faveur de la recherche d’une solution négociée au conflit qui a
ensanglanté son pays ces douze dernières années. Plus de 80’000 personnes,
en grande majorité des civils, ont été tuées au cours de la guerre civile
qui devrait prendre fin après la signature le 16 janvier dernier des accords de Mexico.
Accusée de prendre à son compte certains thèmes défendus par le FMLN,
l’Eglise se défend. Selon l’archevêque de San Salvador, l’Eglise s’occupe
de ceux qui méritent le plus son attention, sans tenir compte de leurs convictions politiques. Et s’il se trouve que de nombreux nécessiteux appartiennent au FMLN ou lui sont proches, l’Eglise ne les aide pas pour cette
raison, mais bien à cause de leur situation personnelle. Mgr Rivera Damas a
souligné que l’Eglise continuera dans le futur à agir selon ce principe. Il
a toutefois insisté sur le fait que l’Eglise "ne se marierait jamais avec
un projet politique, étant donné que si celui-ci échoue, cet échec retomberait sur l’Eglise".
Concernant les violations des droits de l’homme au Salvador - un pays
qui détient un record en la matière - , l’archevêque de San Salvador se déclare confiant, estimant qu’elles sont en recul, tout en relevant que tout
danger n’est pas écarté. Il reste en effet un certain nombre de membres des
forces de sécurité liés aux secteurs les plus conservateurs de l’oligarchie
salvadorienne qui ne sont pas prêts à faire des concessions et à admettre
certaines revendications de la guérilla. (apic/kna/be)