Prison de Loney, près de Morges
Tuilière, au 4. Fenêtres rectancgulaires avec barreaux, en-dessous, fenêtres rondes barreaux. Secteur droit de la prison, en semi liberté. On pénètre xdans une coure ronde. La porte s’ouvre depuis l’intérieur. Il y a deux
mois, lour portes-ouvertes les 24 et 25 avril pour le public. Nouvelle coure intérieure, terrain de sport, entouré de bêtiments.
Combien de prisonniers? Il y a deux places ici pour mère enfants.
Aujourd’hui, une cellule est occupée, l’autre prisonnière a été libéré, une
autre viendra la remplacer. Une chambre, avec le lit du bébé, une petite
cuisine, ou elles font elles-meêmes à manger pour les enfants, elles ont ce
qu’il faut à l’intérieur. Ellées recevoivent fruits et léguumes etc. Une
chambre pour la mère. En cemoment: 27 hommes et 33 femmes, plus
qu’elques-unes qui s’apprêtent à s’ortir. qui vont déjà travailler la
journée et qui reviennent le soir dormir en cellules.
Un petit hall, avec une table basse et des fauteiuts, une TV, à droite,
une grande table, au millieu, cellules 351 à 356. Un face, un couloir, avec
les portes de cellules. Un lit, une table avec un réchaud, des ustensiles,
une lampae, une armoire, un lavabo et WC. Activités: cartonnage, bois, cuisine, coiffure, etc.
Paul, 36 ans, huld up d’une banque lausannoise, en attente de jugement.
Pas la moindre idée sur sa condamantion, en préventive. Proocès l’an prochain, sans doute. S’occuoe de laver le linge sale pour la section homme.
Chrétien d’abord, mais catholique après.... Préposé à lessiverie trois
jours par semaine, entre 5 et 6 heures, mercredi, jeudi et vendredi. Le reste? Lundi et mardi, je m’occupe de la bibliothèque. Je fais aussi des traductions. Je prépare un examen d’anglais. J’aimerais entrer à l’Unie et
j’apprends les langues.
Une aumônière, réaction? Je ne m’attenfdais pas à rencontrer un aumônier, femme ou homme. Donc pas de surpise. Soeur Véronoique? Une personne
extraordinaire. On atout de suite eu un contact. Je trouve qu’il ni a pas
de grandes barrières à franchir au niveau du contact.
Que vous apporte sa présence et quelle fréquence pour les visites?
Un grand bien. D’abord parce que je trouve l’approche de la vie avec Soeur Véronique absolument passionnante. Elle apporte beaucoup par son enthousiasme. Ca m’arrive parfois d’être démoralisé. Ses visites me sont alors
très précieuses. C’est un personnage sympathique.Elle a la foi, et cela
déborde chez elle. On peut être plus ou moins réceptif à cela. La prison
est difficile, pour certains, on peut leur dire toutes les bonnes paroles
du monde, on arrivera pas à leur faire remonter la pente. Pour moi, dans
mon cas, la prison m’a permis de fiortifier en quelque sorte ma foi. Et de
m’en approcher encore davantage que par le passé. Je dirais aujourd’hui que
Dieu est un copain. Ca m’aide énormément. C’est bien d’avoir une personne
comme soeur Véronique qui transmet cette foi. On la sent chez elle. Je
trouve qu’on est tenté d’aller voir ce chemin qu’elle a pris, et de voir si
ce chemin là n’est pas le meilleur chemin.
Je vois à peu près la soeur une fois par semaine. Rest que, moi qui aime
bien parler, j’aimerai le rencontrer davantage. C’est toujours enrichissant. Les sujets ne tournent pas qu’autour de la religion. Elle est très
ouverte. On arrive à parler de tout. Cela, d’une manière très positive,
surtout. Avec elle, on arrive à trouver dans une journée un côté positif.
Avec une femme aumônière, on aborde sans doute les choses sous un autre angle qu’avec un homme. Dans un certain sens, je me trouve plus à l’aise avec
une aumônière qu’avec un aumônier, même si je ne saurais pas vraiment dire
le pourquoi. La vision qu’elle a de la vie, à cause de son expéroence sans
doute, est différente qu’avec des aumônier. Plus d’affinité. Je n’ai pas
l’habitude des prisons. C’est la première fois que je m’y trouve.
Vous vous sentez mieux après sa visite? Oui. Elle a l’art d’arriver toujours au bon moment. E*lle a toujours le mot qu’il faut. Et dans la situation dans laquelle on se trouve, je pense que c’est important.
Qu’est-ce qui a changé de votre vision de la vie depuis que vous êtes en
prison? Le changement est très important. Il y a d’abord ma vie spirituelle, qui a été complètement bouleversée. Par ce bouleversement, ma vie s’en
trouive aujourd’hui passaablement changée. Aujopurd’hui, ce qui est important pour moi, je ne me laisse plus abattre. Même s’il m’arrive des événements qui sont difficiles, je les prend d’une manière beaucoup plus posirtive. Je ne me laisse pas envahir, comme auparavant, par des jours ou je
voyais tout négativement. Important pour moi pour aborder l’avenir.
C’est quoi l’avenir pour vous? La liberté? Pouvoir être dehors, pouvoir
se déplacer. C’est plus tellement une liberté comme je la pensais avant,
c’est-à-dire une liberté liée au côtéà matériel, Avoir une voiture, de
l’argent, etc. C’est plutôt une liberté de communication. Je relativise des
tas de chsoes aujourd’hui. Dans cette prison, si aon a la force de caractère, du courage, on arrive à faire pas mal de choses ici. Si on arrive à se
redonner une certaine confiance, la montrer, il existe ici un interlocuteur, à tous les niveaux, de la direction au gardiens.
Chez les femmes
Marie-Jo, 46 ans, Françoise, 26 ans, Viviane, 28 ans, Matilde, une jeune
de l’Afrique centrale....Yency, 27 ans Raphaela, 36 ans colombiennes les
deux, les autres de Suisse. Ca va de brigandage, escrocrie, affaires de
drogues, vol.
Qu’est-ce que vous apporte soeur Véronique? Surprenant que cela soit une
soeur?
MarieJo: Que deux mois que c’est ouvert, ici, avant Hindelbank. ( ans de
prison derrnière elle. C’est génial que la préce des aumônier dans les prisons, Il ne faut surtout pas diminuer, à enlever. Pas assez d’aumôniers
dans les prisons, pas assez de visites, on souhaiterait plus de présence
avec les détenus, plus d’entretiens. Qu’est-ceq ue la présence d’un ou
d’une aumônière apporte sur le pla spirituel? Arpès huit ans de prison,
j’arrive encore à donner quelque chose. Je ne trouve pas trois kilos le
courage tous les matins sous mon oreiller. Je suis en forme. Il y a quelqu’un d’autre qui m’aide à trouver ce courage.... j’en ai encore pour deux
ans à tirer.
Françoie, comndamnée à 5 ans et demi - Pas surprise de voir une aumônière, déjà à champ dollon, j’avais la visite d’une femme aumônière. Je n’ai
jamais parlé de choses spirituelles, de la religions, de croyance ou de
Dieu. On ne vois pas asez l’aumônière, relève-t-elle aussi. Déplore le manque de présence des aumôniers en général. Une fois par semaine, à peu
près... On est toujours en groupe lorsque qu’on voit soeur vérénique. et il
y a des choses dont on a pas envie de parler devant tout le monde. (Sopeur
Véronique emet un certains nombres critères "Je trouve que c’est un peu du
viol que d’aller vous voir comme ça chez vous, dans vos cellule, Vio, de
votre intimité. Un débat s’installe à ce sujet.
Viviane: Vous vous confiez plus à une femme qu’à un homme. Cela dépend,
il me semble que je parle et confie plus à une femme qu’à un homme. Pendant
l’interviw, elles font du pliage pour une maison de produit de beauté, pour
ensuite coller un échantillion. 140’000 en tout, commencé il y a trois
jours et on doit finir d’ici 10 jours, chacheque jours, mais c’est une chose exceptionnelle... les heures sont aussi exceptionnelles, car il faut
livrer cela., Même le soir. Sinon, 5 à 6 heures par jour. Diverses activités aertisanales., découpage du bois, travaux manuels, Loisirs? TV, lecture. Condamnée pour une année. Perotestante. Conacte avec l’extérieur que la
présence de la soeur.Elle peut nous raconter ce qui se passe dehors. Soeur
Véronique? c’est un grand sourire. Toujours de bonne humeur. Elle nous remonte le moral, avec ces histoires bien sympathiques. Avec une aumônière,
homme ou femme, le contact peut être tout à fait différent selon le caractère de la personne.
Comment une Africaine vit sa situation ici dans cette prison? prison?
Très dur de le supporter. J’ai deux petits enfants, qui vivent en Afrique.
L’aumônière m’a dans ce sens beaucoup apporté, ne serait-ce que sur le pla
du réconfort, de la parole. Je suis très croyante, mais en prison, j’avait
tendance à oubler Dieu. A dire que je suis dans le malheur, je vis dans la
tristesse. L’aumônière m’a apporté beaucoup dans ce sens, nous parlons de
mes enfants, elle est au courant de ce qui se passe en Afrique, elle est
m’a voix de l’extérieur. Etat étrangère, on a pas mal de problèmes, et soeur Véro, avec ces communautés en Afrique, est au courant, à trvers elles,
de beaucoup de chose. J’ai demandé personnellement à avoir un entretien, la
première fois, avec soeur Véro. Elle est venue dans ma cellule. Du fait
qu’elle soit femme m’a beaucoup aider à parler, à me confier. Je peux lui
dire tout ce que je pense. Pas assez de présence d’aumônier.
On ne va pas changer quelqu’un en mieux par des années de prison
La prison m’a écaret l’angle de vue. Un peu restreint avant, Mon, ma,
mon, ma... J’ai connu d’autres personnes en prison, avec des problèmes autrements plus graves et importants que les miens.
Colombiennes.... Cooemtn faites vous pour la communication.... On se
fait traduire, mais il existe des problèmes, c’est évident, déclare Yency,
en prison depuis 5 mois et condamné à 2 ans. Et avec Soeur Véronique. OPn
se débrouille, ne serait-ce qu’avec les gestes. Et sur le plan spirituel?
Elle m’apporte la paix spirituelle, on se sent en paix, on ressent un réconort, pour nous, éloigné de la famille, c’est important. C’est important
pour nous pour supporter cette captivité, Raphaela, depuis 11 mois en prison et condamnée à 4 ans et demi. Les gens déséspérés par la prison et par
une large détention on tendance à dire que Dieu n’existe pas... mais dès
l’instant une une soeur ou un abbé vient nous parler, on se sent plus tranguielle. Un appui moral et spirituel. REéclament les deux plus de présence
d’aumônierie. Rêve de rentrer dans leur pays, ou elles ont tout laissé.
Difficile, ici, dans un monde ou tout change, culturellement, la nourriture...les coutiumes, la mainère de voir les choses, la langue, etc. le manière de penser. Réflexion sur elles mêmes, sur l’importance de la liberté.
Vient d’apprendre qu’elle est grand-mère.
A faire, l’abbé Gander... problème de langue, de la part de Marie-Jo Nicollier. Problème de langue, avec les autres détenues, avec les gardiens,
etc. Viennent de Cali et d’Ibaguez, entre 300 et 400 grammmes de coca,
trouve injuste sa lourde condamnation par rapport à d’autres, qui en apporte plus et sont moins condamnées. Aceptent sa condamnation, mais la touve
trop lourde. 27 ans etz 36 ans.
Soeur Véronique
78 ans, de Saint Vincent de Paul. Travaille à mi-tempas comme aumônière
depuis l’ouverture de la prison, le 5 mai pour la prmière visite. L’Eglise
catholique cherchait un aumônier. On ne trouvait personne. Je me suis dit,
tiens, voilà quelque chose qui m’intéresserait. Il faut absolument un homme, m’avait-on dit. L’Autre mi-temps, l’acompagnement des mourants à l’hôpitalde Morges depuis 13 ans. Je faisais cela à plein-temps jusqu’à présent. C’est pour moi un équilibre. "Je leur parle des mourants.... aussi"
Est entrés dans l’Ordre depuis 26 ans. A écrit un livre... "Mourir,
etc.... voir le livre "Mourir... comment le vivre - De la mort escamotée au
deuil assumé", il est sorti la veille de l’ascension cette année. Un livre
fait de témoignages véridiquesa, de la part de personnes qui ont perdu un
être cher.
A quelque part, je me suis proposée, en riant, pour être aumônière, auprès de Mgr Bullet. Pourquoi, à quoi attribuer le fait qu’il est difficile
de trouver des aumôniers? Je ne sais pas...pourtant, il manque dâumôniers.
Moi, par exemple, je pourrais faire un 100%, mais j’estime que cela serait
trop. Mon charisme, c’est tout de même les mourants.. J’ai besoin d’avoir
les deux choses qui m’équilibre. Deuxièmement, j’ai aussi une vie de communauté... je ne peutx pas toujours dire à la communauté" je ne suis ps là.
Il y a un équilibrage à trouver. Partage son temps entre la vie à l’hôpital, l’aumônerie, la vie au sein de la communauté, la vie privée. Rest pas
beaucoup de loisirs. La musique, elle me détent. Les amis... les soeurs de
la communauté... Oui et non je me suis surprise en me proposant à cette aumônerie. Non, car lorsque je suis rentrée en communauté à Fribourg, je me
suouviens qu’un type avait tué sa femme. C’est quelque chose qui m’est resté, cela se passait tout près de notre communauté, en basse ville, et j’ai
obtenu de ma supérieure de pouvoir écrie à ce prisonnier duraant toute sa
détention., mais en passant par le prêtre. Ces lettres ont été reprises au
jugement. Ce prisonnier, je ne le connaissa ps, ni lui, que par lest lettres. Un jour, je mes suis rendu compte, à sa sortie de prison, qu’il était
assis sur un banc et qu’on se diddsait bonjour sans savoir qui nous étions.
Et cela jusqu’à sa mort, il n’a jamais su qui j’étais, mais moi si, depuis
un cefrrtain jour.
Ca a été une sorte de décli retrospectif. Il y a 13 ans, l’abbé d’alors,
m’avait dit: "Je ne travaille pas avec une nonne. Il y a 13 ans, j’étaisd
néanmoins pas mûre. Le charisme de SaintVincent, envoyé vers les prisons,
c’erst une copntinuité du charisme de ma vocation.
Mon impression au premier jour? J’avais très peur en rentrant. Peur parce que je ne connaissais rien, peur de ne pas être accepté par les gardiens.... mes prisonniers, comme-ci, comme ça. En me demandant, comment ils
allaient le prendre, avec mon uniforme bleu. On m’avait dit: on ne t’aceptera jamais en costume. Et finalement, j’ai l’impression que le costume
fait énormément. Pour eux, c’est une note bleue qui arrive. Le directeur
m’a donné la clef en me disant: voilà, il y a le costume, vous ne risquez
rien. Le costume est parlant à quelque part et je n’ai pas besoin de dire
bonjouir, je suis soeur véronique. Je peux paraître en femme aussi.
Davantage la femme ou la religieuse en vous? Je pense que c’est mitigé.
Ils doivent voir sans doute d’abord la religieuse, en se disant, voilà une
"bonne soeur", mais après, dans notre type de conversation, d’échanges....
cela change. Je joure volontier aux cartes avec les détenus, participe à
leurs activités manuelles. Je ne sait pas s’ils voeint plus la femme et la
soeur... Je sais qu’ils voient quelqu’un qui est proche d’eux. Je crois à
la présence, à l’lcoute, au dialogue. La confiance qu’ils me font aussi, la
confiance que vous leur redonner par rapport à ce qu’ils ont vécu. Le fait
d’être à l’écoute et de partager leurs difficultés contribuent à leur redonner confiance ne serait-ce que le jour ou ils sortent de prison.
Notre relation est basée sur moi et elle. Et non pas sur l’idée de la
soeur. C’est un apprivoisement. Contact difficile, refus de ceertains de
vous rencontrer. Difficile de dire que quelqu’un me refuse, car je vais
dans les ateliers. Il est possible qu’un ou deux, dans ces ateliers, doiuvent se dire:"Mais qu’elle emmerdante, celle -là, qu’est-ce qu’elle vie
nient faire. Mais je ne veux pas aller de cellules en cellules, car je pense que c’est viloer l apersonne. Si on me dit: J’aimerais vous voir, alors
j’arrive dans les cellules. Une cellule, c’est une intimité....J’ai la clé,
mais moi, je n’aimerais pas qu’on vienne dans ma chambre. Mais plutôt estce que tu es libres, je peux venir te voir? Si c’est moi qui dit cela,
j’estime que c’est une provocation. Mais en discutant copmme nous le faisons dans les ateliers, qu’on rit, qu’on parle de tout et de rien...
Vous voyez aussi bien les hommes que les femmes, dans cette prison. Oui,
sans distinction des religions. C’est pas mon problème. C’est d’abord
l’homme ou la femme, l’être humain. Dans l’ensemble, aussi bien à l’hôpital
qu’à la prison, je me sens plus à l’aise avec les hommes. Je trouve que les
hommes c’est plus simple, plus direct... Le contact est moins rapide avec
les femmes. Il y a toujours un peu plus de méfiance. Dialogue plus en profondeur, ils se confient plus facilement que les femmes. Ca déboussole parfois... les gardiens ont parfois peur pour moi lorsque je vais dans la section homme. Ou j’ai des difficultés, c’est au niveau de la langue. Diificulté majeure. Pas de problème en revanche pour le contact. Les hommes ne
sont ici qu’en préventive. Lorsqu’ils sont jugés, ils partent.
Bon nombre de turcs ou de Yougoslave chez les hommes, de Sud américaine
chez les femmes. Partager un problème de fond est dans ce cas impossible.
Pas une frustration ? Oui, à quelque part, mais je pense que la frustration
est plus grande pour eux. Parce qu’ils aimeraient pouvoir communiquer. Ils
attendent un rapport humain. Moi, en tant que femme et fille de la Charité
aussi, il y a des fois, ja’aimerais faire plus, mais ça m’est impossible
por pluieurs raisons de sécurités. Je ne peux pas toujours faire ce dont
j’ai envie.
Je vais les après-midi, je partage leurs travaux, leurs loisirs. Dans un
travail de manutention, il y a beaucoup de choses qui sortent. Etre en tête
à tête, ça peut être trop lourd. Tout en faisant quelque chose de manuel,
on se confie plus, à mon avis. Cette entrée en matière permet ensuite d’aller plus loin. Un contact avec les détenus (es) se crée en étant dans la
pâte avec. Et en partageant le travail qu’elles sont en ttrain de faire. En
étant au coeur de ce qu’elle font pour être (arriver) au coeur de ce qu’elle sont.
Le matin avec les mourant, l’après-idi avec les détenus... Pas toujours
amusant? Pas de gros moments de découragement? Découragement, non. Mais de
fatigue, oui. Fatigue psychique et pysique, oui. Quant je rentre et me dis
"Mon Dieu mais tous ces problèmes. Mais comment les gens ne se tirent pas
une balle avec tout cela". Pourquoi eux etz pas moi, je me dis aussi. Pourquoi pas moi derrière les barreaux.... Fatigue, lassitude et désir de plus
voir quelqu’un durant un moment, une heure par exemple. Et là je suis capable de faire le vide autour de moi. M’étendre un moment. J’ai heureusement
l’humour pour moi.
On a l’impression que vous n’êtes pas "une bonne soeur comme les autres"? (Rire) C’est pas à moi de répondre. J’ai ,la chance d’avoir pu rester moi-même. Je suis ce que je suis. On a jamais pu me mettre dans un
moule.
Qu’est-ce que votre nouvelle expérience d’aumônière vous apporte concrètement? Une richesse folle en constatant la confiance que l’on me fait en
me partageant des choses lourdes à dire. Si j’avais tué quelqu’un, je ne
sais pas si je me confierais de la même manière. Mais là, on me le dit. A
quelque part, le seigneur m’envoie au milieu de ses fauves, à quelque part,
je me dis: c’est pas moi, Véronique (Idem à l’hôpital) C’est pas vous qui
approchez le mourant... on mourrait finalement avec eux, donc il y a
quelq’un d’autre en moi qui lâpproche. Ja’i près de 2300 décès. C’est pas
évident. Si ja’vais pas le temps du matin pour la prière, pour faire le vide, me retrouver face à face avec lui, seul avec lui, je ne pourrais pas.
La prière est importante, je ne suis quand même pas seour pour le folklore.
Les temps de prière, de silence, de recueillement, de sollitude, sont importants. Ressourcement? Je prends toujours une semaine au printemps pour
faire du ski de fonde au mois de février et une semaine ou 10 jours au mois
de septembre pour aller aux myrtilles. Des temps ou je ssuis seule, en hermite. Pas besoin d’écouter, pas besoin de parler. Le bol d’air
La crainte des gardiens.... à vous voir aller dans les cellules hommes?
Peut être plus lucide que moi, ils savent que quelqu’un qui a fait un gros
coup, il peut très bien refaire un coup... désaxé... Je suis la seule femme
qui va dans sa cellule. Proie. Eux peutêtre voeint cela, moi je ne le vois
pas. J’entre là dedans décontractée et ça part au quart de tour. Je ne me
dis jamais "Qu’est-ce qui va m’arriver". Comme préalable: pas avoir d’idée
pèréconçue au sujet de la personne que je vais voir. Par entrer avec la
peur au ventre. La pewur va déclancher quelque chose chez l’autre. Je reprend le problème des mourants: si j’ai peur de la mort, je ne peux pas me
rendre auprès de quelqu’un qui va mourir. La peur ça se transfuse Et cela
ne s’élimine pas. Il faut une certaine maturité. Je n’aurais pas fais cela
à 20 ans. Ni ça ni les mourants. Ilfaut aussi avoir vécu un certain nombre
de choses dans sa vie. (J’étais d’abord laborantine, voir livre).
ça vous arrive de rentrer dans les gens, de les engueuler? Oui, bien
sur. ça oui. Je sens le moment quand c’erst nécessaire. Un monstre coup de
point sur la table et puis Merde, salaud, t’en es ou? Tu te crois eul au
monde... Même à des mourants.... Non, c’est pas parce que tu vas mourir que
t’es seul à mouirir, y en a d’autres qui meurent dans cette maison. T’arrête ton cinéma. On en est ou maintenant. Aucun membre de la famille, selon
les cas, ne peuvent dire cela. Mais je peux me le permettre. Et souvent ils
ont besoin de quelqu’u nqui leur rentre dans le cadre qui leur dise mais
t’es encore vivant. Quant je sens qu’il y a marchandage, je met le poing
sur la table. Il y a beaucoup de tentatives de chantage, Je leur dis: tourne change de disque. Car si vous n’avez pas autres choses à me dire, je
vous quitte pour aujourd’hui. Ils savent qu’ils ne peuvent pas dire et faire ce qu’ils veulent. C’est rare que je me trompe si j’engueule quelqu’un.
C’est qu’il y a le moment ou c’est important.
Les gardiens sont parefois surpris, en pensant qu’une soeur vient popur
la chose religieuse, pour ripoliner. Le prêtre donne l’eucharistie.... pas
longtemps maintenant qu’il y a la messe.
Anecdotes. La première fois que je suis rentréeà la ... de bois.j’avais
la clé, j’ai tapé, je ne voulais pas rentrrer comme ça. La scie marchait,
ils n’entendaient rien. Je veux sonner, me suis.-je dis. Il y a deux bouteau, un bleu et un rouge. Et le bleu est l’alarme général. Je l’ai pressé,
en lieu et place de presse sur l’autre bouton. Relié à la centrale. Autre:
J’avais un trousseau de clés, posé sur la table, y compris la clés de ma
voiture. Un me it: Ah, Peugeot 205". Je lui dit pardon. Ben Oui, Peugeot
205, j’suis voleur de voiture, je les connais.
Otage, voir plus haut.
Les gartdiens voudraient que je n’aille pas à partir de 17h30. Les hommes arrivent dans leur cellule et sont boucklé )préventive) pas chez les
femmes, plus tard.
Un souvenir particulier? Bien acceptée par les gardiens.