Prise en charge des requérants d’asile dans le canton de Vaud (271190)
Lausanne, 27novembre(APIC) "L’Eglise en a assez de faire le travail des
pouvoirs publics", a déclaré l’abbé Claude Ducarroz, curé de la paroisse
lausannoise du Valentin, évoquant le problème de l’asile lors de la rencontre du groupe Inter-Eglises-Réfugiés. Cette rencontre, qui a rassemblé le
20 novembre à Lausanne des délégués des paroisses catholiques et protestantes du canton de Vaud ainsi que des organismes d’aide aux réfugiés (SOSAsile, EPER), a permis de dresser un bilan de l’action menée par l’Eglise
pour accueillir les requérants d’asile et les réfugiés.
Inquiets pour l’avenir, les participants ont constaté que l’Etat dépasse
les bornes en s’appuyant sans réserve sur les Eglises pour gérer l’arrivée
massive de requérants d’asile. Le bilan est d’ailleurs peu encourageant: si
le nombre de requérants d’asile se monte en Suisse à 19’893 - dont 1’716
attribués au canton de Vaud - durant les huit premiers mois de l’année,
leur accueil ne se fait pas sans heurts. Preuve en est la centaine d’hommes, de femmes et d’enfants qui se trouvent actuellement dans la seule ville de Lausanne sans lieu d’hébergement attribué.
Le constat devient de jour en jour plus préoccupant: si les problèmes
financiers ont trouvé une solution - les permanents de l’aide aux requérants sont payés par l’Etat -, l’espace et les forces commencent à manquer.
Le service social de la paroisse catholique du Valentin reçoit chaque jour
plusieurs dizaines de requérants d’asile, qu’il faut loger.
Mieux informer et sensibiliser
Pour l’avenir, on attend la mise en oeuvre en Suisse de la nouvelle loi
sur l’asile ainsi que la prise en charge de l’hébergement par la Croix-Rouge. Mais le groupe Inter-Eglises-Réfugiés n’a pas l’intention de rester
passif: si la véritable solution au problème de l’asile réside dans une
amélioration des relations Nord-Sud, il est nécessaire de mettre au point
un plan d’action dans l’immédiat. Par une meilleure sensibilisation des
personnes, il espère acquérir plus de poids pour effectuer une "pression
douce" sur l’Etat, a relevé l’abbé Ducarroz. Le groupe a également lancé un
appel aux paroisses pour qu’elles s’engagent plus concrètement dans l’accueil des requérants d’asile, notamment en trouvant sur leur territoire
quelques personnes disposées à recevoir chez elles ou dans une résidence
secondaire un ou plusieurs requérants (les pouvoirs publics dédommagent les
privés prenant en charge des réfugiés).
Le groupe Inter-Eglises-Réfugiés cherche des hommes et des femmes capables de représenter les oeuvres d’entraide et d’assister les requérants
dans leurs auditions pour garantir ainsi la légalité des entretiens déterminants pour l’obtention du statut de réfugié. Il a décidé de mettre prochainement sur pied une structure d’information interparoisssiale, lieu
d’échange d’expériences. (apic/dw/cor)