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    La Suisse prête à briser le consensus à la prochaine Conférence générale ?

    Prise de position de la Commission nationale suisse pour l’UNESCO (091089)

    Berne, 9octobre(APIC) Malgré les nuages qui s’accumulent à nouveau sur

    l’UNESCO à cause du Nouvel Ordre Mondial de l’Information (NOMIC), il n’est

    pas question aujourd’hui pour la Suisse de sortir de l’Organisation de

    l’ONU pour la science, l’éducation et la culture. Cependant, si à l’occasion de la prochaine Conférence générale de l’UNESCO du 17 octobre au 16

    novembre à Paris "nos partenaires veulent nous imposer des vues inacceptables, il n’y aura pas de consensus", a déclaré lundi à Berne l’ambassadeur

    François Nordmann, délégué permanent de la Suisse auprès de l’UNESCO. "Entre liberté et consensus, nous choisirons la liberté", a-t-il lancé.

    Présentant la position de la Commission nationale suisse pour l’UNESCO

    (CNSU), Edgar Tripet, son président, a rappelé que la Suisse "ne veut pas

    rallumer la guerre du NOMIC", mais le Conseil exécutif de l’UNESCO a apporté, en vue de la prochaine Conférence générale, des modifications politiques au programme de la communication Nord/Sud et Est/Ouest, mettant ainsi

    en cause le consensus auquel avaient pu aboutir les différents organes de

    l’UNESCO.

    Votées par les pays du tiers-monde avec l’appui du bloc socialiste, ces

    modifications au Plan à moyen terme 1990/1995 du nouveau Secrétaire général

    Federico Mayor, en place depuis deux ans, concernent notamment des points

    sensibles pour les Occidentaux : ainsi, note la CNSU, en remplaçant les

    propos qui concernent le "maintien de la liberté d’expression", par des

    propos qui ne visent que le "développement de l’information", on affaiblit

    le contenu de l’engagement de l’UNESCO. La Suisse devra donc "veiller à la

    réintroduction des valeurs de la liberté et les mettre sur le même pied que

    la solidarité". Mais elle devra également mentionner les "entraves indirectes" à la liberté de l’information telles que la concentration des médias,

    une telle remarque visant notamment les pays occidentaux.

    L’ambassadeur Nordmann a remarqué que l’on assiste, depuis le remplacement du Sénégalais Amadou Mahtar M’Bow à la tête de l’UNESCO "à une décrispation remarquable", à l’instar de l’évolution que l’on constate dans les

    autres organisations internationales, où se manifeste désormais la volonté

    de réaliser des programmes concrets, dans une approche plus pragmatique et

    moins idéologique que par le passé. Avec la détente Est-Ouest et un plus

    grand réalisme des pays en voie de développement, le climat est à priori

    bien meilleur qu’au début des années 80, époque qui ont vu les Etat-Unis et

    la Grande-Bretagne notamment quitter l’UNESCO.

    Demande d’adhésion de la Palestine

    La prochaine Conférence générale, estime François Nordmann, représente

    la première étape vers le processus de guérison totale de l’organisation,

    guérison vraiment achevée lorsque les Etats-Unis et la Grande-Bretagne

    réintégreront ses rangs. Il a encore souhaité que le PIDC (Programme International pour le Développement de la Communication), dont il est président,

    dispose de plus de moyens : avec ses 2,5 millions de dollars (dont 250’000

    francs en provenance de la Suisse), ce programme ne peut évidemment satisfaire les besoins des pays du tiers-monde, qui ont accepté de rabaisser

    leurs revendications sur le NOMIC en échange d’une aide accrue. "Nous devons faire un plus grand effort, sinon nos partenaires auront l’impression

    d’avoir été trompés".

    Obstacle de taille au retour des Etats-Unis au sein de l’UNESCO : la demande d’admission, en juin dernier, de la Palestine comme Etat membre. Au

    Conseil exécutif de l’UNESCO, on est parvenu à un consensus, contrairement

    par exemple à ce qui s’est passé à l’OMS. Il n’y aura pas d’admission formelle de la Palestine, la question de l’admission restera en permanence à

    l’ordre du jour. L’UNESCO ne donnera cependant pas d’effet légal à cette

    demande. Elle augmentera cependant ses prestations en faveur des Palestiniens et améliorera la participation de la Palestine à des programmes et à

    des activités de l’UNESCO comme un programme de bourses pour jeunes Palestiniens ou l’engagement d’experts palestiniens sur certaines projets.

    (apic/be)

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