Priorité aux bidonvilles, annonce Caritas Suisse
Une façon de lutter contre la misère grandissante dans les villes
Fribourg, 29juillet(APIC) L’augmentation de l’urbanisation dans le monde
est telle que d’ici la fin du siècle, la moitié de l’humanité habitera dans
les villes. Parmi cette population, la moitié devra s’entasser dans des bidonvilles, dans des taudis surpeuplés et malsains, et survivre tant bien
que mal, pense Caritas Suisse. L’oeuvre d’entraide annonce que l’aide aux
populations des bidonvilles à travers le monde est peu à peu devenue prioritaire parmi ses activités.
L’expérience et les réflexions acquises par Caritas Suisse en la matière, restituées à travers une de ses nouvelles publications, permettent à
l’oeuvre d’entraide de dresser par la même occasion les lignes directrices
de sa politique de demain. La nécessité de donner la priorité aux bidonvilles est d’autant plus grande que "même un petit pays riche comme la Suisse
n’est pas épargné par les problèmes de logement", relève notamment Caritas.
Longtemps on a considéré la construction d’habitation comme l’élément
principal en matière d’aide aux bidonvilles, fait remarquer Caritas. Mais
au fil de son expérience, dit-elle, il a été constaté que cette façon d’envisager l’habitat offrait peu d’avenir si les habitants ne possèdent pas au
préalable un titre de propriété. "Mais une fois que les terrains sur lesquels ils vivent leur appartiennent, les habitants développent généralement
un remarquable esprit d’initiative et de solidarité".
Le ferment de la solidarité
Cette énérgie, est-il souligné, agit souvent comme un ferment pour le
développement d’une organisation sociale. A défaut, les habitants vivent au
jour le jour, principalement guidés par leur seul instinct de survie, sans
trop se soucier du voisin.
Pour Caritas Suisse, le marché du travail, lié au problème du logement,
est un domaine ou tout reste à faire "quand on sait que 20% à peine de la
population en état de travailler à un emploi fixe à plein temps. Or la mise
en route de petits projets créatifs d’emplois est une voie encore trop peu
exploitée.
Education, santé et loisirs
S’attaquer au vaste problème des bidonvilles dans le monde, essayer d’y
remédier, c’est également se préoccuper des conditions de vie qui conditionnent ses habitants. L’éducation et l’alphabétisation ne peuvent être des
problèmes éludés. Il convient de les résoudre au même titre du reste que la
santé, au niveau de la prévention et de la dénutrition. Caritas ne l’ignore
pas en déclarant: "les groupes de femmes, de sages-femmes, les guérisseurs
et le personnel soignant, tous pour la plupart eux-mêmes enfants des bidonvilles, sont les garants d’une médecine efficace et appropriée".
Autre aspect relevé par l’oeuvre d’entraide: les loisirs. Elle considère
la question des loisirs souvent négligée et par trop perçue comme un luxe
et non comme un besoin fondamental.
L’aide aux bidonvilles n’est cependant qu’un aspect de la lutte contre
la pauvreté. Caritas soutient qu’une politique bien comprise d’aide aux bidonvilles passe obligatoirement par la lutte contre la misère des populations des campagnes, sur lesquelles l’attrait de la ville agit comme un aimant, et par une prise en compte des problèmes des petits agriculteurs, qui
paradoxalement forment le 80% du bastion de la pauvreté.
Pour Caritas, Une condition essentielle pour garantir un minimum d’équilibre et de relations directes tant économiques que culturelles et familiales, pouvant du même coup exclure le commerce intermédiaire et l’exploitation, passe par la mise en route, à la campagne, de petits projets de production artisanale ou agricole. Une façon d’assurer les débouchés commerciaux vers la ville , de réanimer et de développer à terme de nécessaires interdépendances entre villes et campagnes. (apic/pr.)