Prilly/Lausanne : journée d’étude de Pax Christi (111288)
Prilly/Lausanne, 11décembre(APIC) Pour célébrer le 40ème anniversaire de
la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme le mouvement catholique
international pour la paix Pax Christi a organisé samedi 10 décembre dans
la paroisse du Bon Pasteur à Prilly sur Lausanne une Journée d’étude ouverte à tous sur le thème : "Les Droits de l’Homme". Une conférence du Père
Albert Longchamp, rédacteur en chef de "L’Echo illustré", sur "l’histoire
des Droits de l’Homme et leur importance aujourd’hui", des ateliers de travail destinés, à partir de cas concrets, à découvrir de nouvelles pistes
d’action et la messe vécue en paroisse en ont constitué les temps forts.
Les quelque trente participants réunis autour de Mgr Amédée Grab, évêque
auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg et de Mme Marianne
Almonte, présidente de Pax Christi Suisse romande ont pris conscience des
exigences d’un authentique engagement pour la défense des Droits de
l’Homme.
En quoi les Droits de l’Homme interpellent-ils les chrétiens ? C’est à
cette question que l’exposé du Père Longchamp a tenté de répondre en esquissant les origines et l’évolution des Droits de l’homme et en confrontant le discours des Droits de l’Homme et la doctrine de l’Eglise.
Un enfantement douloureux
Pour le Père Longchamp la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme
votée à Paris le 10 décembre 1948 a ses fondements dans le judaisme puis
dans l’évolution du dogme chrétien. La défense des Droits de l’Homme se
nourrit à deux courants : le courant anglo-saxon qui lui donne ses premiers
fondements juridiques et reconnaît à l’homme des droits inaliénables inscrits dans sa nature; le courant ibérique qui s’élève contre le génocide,
l’acculturation, les conversions religieuses sous contrainte et toute tentative d’aliénation des consciences à la raison d’Etat.
Cette brève investigation historique a permis au Père Longchamp de dégager trois sources des Droits de l’Homme : les sources évangélique, juridique et politique qui ont conflué vers la Déclaration d’Indépendance des
Etats-Unis d’Amérique en 1776 et la Déclaration des Droits de l’Homme et du
citoyen en 1789, devenant "le porte-drapeau des idées rationalistes et
révolutionnaires qui construisirent la société séculière contre la vieille
chrétienté". Aujourd’hui les Droits de l’Homme sont défendus à la fois par
de multiples Conventions et plusieurs mouvements internationaux chrétiens
ou non.
L’Eglise et les DH : un long apprentissage
Si aux XVIIIème et XIXème siècles l’Eglise adopte une attitude répressive vis-à-vis des Droits de l’Homme elle prend conscience, au début du XXème
siècle, de la nécessité de "trouver des bases universelles et formelles aux
Droits de l’Homme". Elle défend surtout les "libertés de conscience" face
aux totalitarismes et les droits des travailleurs. Elle reconnaît qu’"il en
va de l’Evangile quand l’homme s’engage pour les Droits de l’Homme". Le
Père Longchamp a enfin rappelé que "Les Droits de l’Homme n’appartiennent
pas aux chrétiens. ... Nous (chrétiens) n’avons pas le droit de coloniser
l’espérance du monde".
Des pistes nouvelles
Trois ateliers de travail sur des cas concrets de violation des Droits
de l’Homme au Pérou, en Ethiopie et au Sri Lanka et d’accueil de réfugiés
en Suisse ont été l’occasion pour chacun de réfléchir à son engagement et
de découvrir de nouvelles formes de solidarité. Vaincre ses peurs, accepter
la durée, éduquer aux Droits de l’Homme, "éviter l’alibi", c’est-à-dire ne
pas se reposer sur les autres, se mettre ensemble, informer : autant de
conditions de la réussite d’une action en faveur des Droits de l’Homme. Une
découverte confirmée par la pratique : le service des pauvres peut favoriser l’évolution des structures sociales et des communautés chrétiennes.
(apic/cor)