Lima, 14avril(APIC/CIP) Dans un article consacré au redécoupage de l’archidiocèse de Sao Paulo, le bulletin "Noticias Aliadas", édité à Lima
(Pérou), révèle que le Vatican poursuivrait son "offensive" contre les secteurs progressistes de l’Eglise brésilienne en préparant la succession du
cardinal Paulo Evaristo Arns, aujourd’hui âgé de 67 ans.
La récente division de l’archidiocèse de Sao Paulo, le plus grand du
monde, ne répond pas au voeu du cardinal Arns, pourtant partisan de sa
restructuration. La juridiction de ce dernier ne s’exerce désormais plus
que sur le centre de la métropole, tandis que les nouveaux diocèses sont
situés à la périphérie, ou vivent les populations les plus déshéritées. Selon "Noticias Aliadas", c’est l’un des quatre évêques "conservateurs"
nommés à la tête des nouveaux diocèses qui aurait le plus de chance de
succéder au cardinal: Mgr Fernando Figueiredo, 49 ans, nommé récemment à la
tête du nouveau diocèse de Santo Amaro. Mgr Figueiredo est jugé par les observateurs comme étant "le plus qualifié dans le secteur conservateur".
La façon dont Rome a procédé pour effectuer le redécoupage de l’archidiocèse a par ailleurs amené des prêtres, religieuses et travailleurs pastoraux de Sao Paulo à "rompre le silence" pour protester avec vigueur contre "les méthodes autoritaires du Vatican dont les mesures sont décidées au
mépris de l’avis des Eglises concernées".
Des faits précis
En écho à la "Déclaration de Cologne", les nombreux contestataires signalent une série de treize faits intéressant leur Eglise: interdiction du
directoire pour les messes populaires (1951); interdiction des messes "Terres sans maux" (1982); "Quilombus" (1982) et "Espérance" (1984); inspection
des séminaires et des maisons de formation (mai 1984), ainsi que celle des
facultés et des instituts catholiques de théologie (même époque); interdiction de la publication de la somme théologique de la théologie de la
libération (avril 1986); "persécution" de Leonard Boff (mai 1985) et de Mgr
Pedro Casaldaliga (1986-1988); mise à l’écart de Mgr Luciano Mendes de Almeida (mai 1988); suspiscion constante à l’encontre des rencontres interecclésiales des Communautés ecclésiales de base; diminution de la production théologique dans les facultés par l’imposition des manuels; nomination
d’évêques et promotion au cardinalat "uniquement de prélats d’une idéologie
conservatrice évidente"; concentration des charges de la curie romaine en
peu de main; division arbitraire de l’archidiocèse de Sao Paulo; dans le
même archidiocèse, mise à l’écart de quelques évêques et nomination
d’autres "dans une claire tentative de désarticuler le cheminement pastoral
de l’Eglise de Sao Paulo" (mars 1989). (apic/cip/pr)