Premier projet du document du Rassemblement mondial de Séoul (061089)
estime le Comité oecuménique suisse de JPSC
Berne, 6octobre(APIC) Selon les déclarations du Comité oecuménique suisse
Justice, Paix et Sauvegarde de la Création, le projet du document pour le
Rassemblement mondial du Conseil oecuménique des Eglises (COE) qui se tiendra en mars 1990 à Séoul nécessite une révision approfondie, s’il s’entend
comme une aide au témoignage chrétien. Ces critiques font suite à la présentation, il y a quelques mois, du projet du document présenté par le COE.
Pour le Comité oecuménique suisse, le projet n’indique pas "qui parle à
qui". Il relève que la raison d’exister du Rassemblement mondial reste
floue: "l’humanité ne dispose plus que de très peu de temps pour éviter son
autodestruction. C’est dans ce contexte-là que se trouve le défi actuel
pour les Eglises et les chrétiens qui sont appelés à se convertir et à témoigner d’une vie radicalement différente. En même temps, il faut évoluer
vers une qualité et une perception nouvelle du temps".
Dans le projet du document, poursuit la critique du Comité, les menaces
qui planent sur l’humanité sont décrites avec force. Mais à quelques exceptions près, le document ne cherche pas à en connaître les origines. L’analyse est peu précise: "le projet ne mentionne pas la problématique de la
multitude des situations. La question de la faute est expliquée d’une façon
très générale".
Le Comité oecuménique suisse s’étonne en outre que le document de base
ne pourra plus subir de changements lors du Rassemblement mondial. Il est
en effet prévu que le Rassemblement ne discute plus que de la partie du document concernant l’action. Or, fait-on remarquer, si le document - intitulé "vers une affirmation oecuménique théologique" - prétend proposer une
perspective théologique pour l’avenir, "il est indispensable que les affirmations de base puissent être discutées. C’est précisément d’un point de
vue théologique que le projet a besoin de retouches fondamentales".
A ce propos, le Comité relève encore que "le pouvoir du péché est sousestimé. Pendant combien de temps avons-nous cru faire le bien! Aujourd’hui,
nous nous rendons compte des dégâts que nous avons causés". "Le document
exige une nouvelle vie dans un esprit de responsabilité chrétienne. Mais
cette nouvelle vie ne ressemble-t-elle pas étrangement à l’activisme qui
caractérise la culture des pays industrialisés", s’interroge-t-il avant
d’affirmer qu’il est indispensable de réfléchir à un style de vie plus ascétique. (apic/com/pr)