Premier bilan de la visite du pape en Tchécoslovaquie (230490)
Prague/Bratislava/Vienne, 23avril(APIC) Le pape Jean Paul II a dressé un
premier bilan de sa visite-éclair en Tchécoslovaquie quelques minutes avant
son atterrissage dimanche soir à Rome: "Ce voyage était très nécessaire en
ce moment. J’espère qu’il ouvrira une porte dans les nouvelles relations
entre l’Ouest et l’Est de l’Europe et dans son unification, comme dans les
relations mutuelles entre les Eglises, car celles-ci ont toujours quelque
chose à donner et à offrir. C’est le mystère de la communion des Eglises,
dans lesquelles on découvre aussi de nouvelles perspectives", a-t-il déclaré dans un message adressé aux quelque soixante journalistes venus du monde
entier qui l’accompagnaient.
La presse tchécoslovaque est unanime à qualifier de succès la visite du
pape. Tous les quotidiens - y compris les communistes - jugent que le but
moral, spirituel et politique de cette visite a été atteint. Le journal
communiste "Rude pravo" rapporte en première page le détail de ce voyage de
deux jours. "Obrana lidu", le journal du Ministère de la Défense, a quant à
lui publié une réaction du primat de l’Eglise tchécoslovaque, le cardinal
Frantisek Tomasek, archevêque de Prague: "Pour chaque croyant, la visite du
pape a une autre valeur, mais toujours inestimable. Cette visite était aussi pour notre République un acte extraordinaire et un symbole, parce que
l’Eglise a fait beaucoup de bien à l’Etat".
Réaction du Parti communiste tchécoslovaque
Le Comité central du Parti communiste tchécoslovaque s’est réuni lorsque
Jean Paul II se trouvait encore dans le pays afin de discuter de la ligne à
adopter pour le futur. Aussi bien Adamec, président du Parti, que Mohorita,
secrétaire général, ont recommandé aux communistes de prendre congé du passé. "Nous devons tirer un enseignement du renouveau de l’Eglise, a déclaré
Mohorita. A l’occasion de la visite du pape, le chef de l’Eglise catholique, en Tchécoslovaquie, je dois souligner que nous reconnaissons l’importante contribution de l’Eglise à la civilisation et à la culture. L’Eglise
catholique a prouvé sa puissance de renouvellement, elle est retournée à
ses valeurs éthiques traditionnelles, à sa mission humanitaire. Le pape Jean Paul II est le meilleur exemple de ce que l’on peut faire pour la liberté dans sa propre patrie, de ce qu’il est possible de faire pour la paix et
la compréhension sur cette planète. Nous devons en principe modifier notre
position à l’égard des croyants".
Renforcement de l’unité nationale
Mgr Antonin Liska, évêque auxiliaire de Prague et organisateur de la visite, en a dressé un bilan très positif lundi dans une première prise de
position. Pour lui, le séjour du pape en Bohème, en Moravie et en Slovaquie
a renforcé l’unité nationale.
La convocation par le pape d’un Synode des évêques d’Europe dans un proche avenir a selon Mgr Liska recueilli "une large approbation" parmi les
évêques présents durant la visite. Le professeur Josef Zverina, l’un des
plus importants théologiens du pays, a parlé d’une "expérience fabuleuse,
telle que Prague n’en a jamais vue". Le cardinal Hans Hermann Groër, archevêque de Vienne, a qualifié la visite du pape en Tchécoslovaquie, à laquelle il a participé, d’"événement historique" qui aura des répercussions dans
toute l’Europe. (apic/kpr/cic/gbr/cor)