Léon XIV est «un homme de paix, qui veut la paix», a déclaré le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, interpellé par la presse lors d’un colloque sur l’Ukraine à Rome, le 14 mai 2025. Le cardinal a précisé qu’un voyage à Kiev n’était pour l’instant pas à l’agenda.
Le cardinal Parolin, qui était considéré comme un papabile lors du récent conclave, a été reconduit provisoirement dans ses fonctions de secrétaire d’État par Léon XIV, comme tous les responsables de la Curie, en ce début de pontificat. Devant l’Université de la Grégorienne, où il a participé à une conférence sur l’engagement chrétien pour l’Ukraine, l’Italien a noté que les réactions étaient «très positives» après l’élection de Léon XIV.
Le nouveau pape «s’est présenté d’une façon très sereine», a-t-il souligné, évoquant sa première apparition à la Loggia de Saint-Pierre, le soir du 8 mai. «C’est un homme de paix, qui veut la paix, et qui construira la paix par les ponts dont il a parlé dès son premier [salut aux fidèles]», a assuré celui qui fait office de «Premier ministre» au Vatican.
Le Saint-Siège prêt à offrir «une facilitation» dans les pourparlers de paix
Sur les pourparlers entre l’Ukraine et la Russie qui devraient débuter le 15 mai à Istanbul (Turquie), le diplomate italien s’est félicité «qu’il y ait finalement la possibilité d’une rencontre directe». «Nous espérons que ce sera un point de départ sérieux.» Il a souhaité «que se délient les nœuds qui existaient jusqu’à présent et que démarrent vraiment des parcours de paix».
Le secrétaire d’État a assuré que le Saint-Siège restait «toujours disponible pour offrir un espace» de dialogue. «Parler de médiation est un peu excessif, mais au moins […] de facilitation», a-t-il ajouté. Il a précisé que le Vatican n’entendait pas «interférer» avec les initiatives en cours. Dans un discours aux catholiques orientaux, le 14 mai, Léon XIV a affirmé que sur la scène internationale «le Saint-Siège est disponible pour que les ennemis se rencontrent et se regardent dans les yeux».
Interrogé sur la médiation du cardinal Matteo Zuppi pour rapatrier des enfants ukrainiens, débutée en 2023, le cardinal Parolin a assuré que le mécanisme restait actif. Il s’agit «d’échanges de noms à travers les deux nonciatures [en Ukraine et en Russie], puis de vérifications», a-t-il rappelé, sans s’avancer sur les chiffres «controversés» de ces enfants emmenés en Russie. «L’important est qu’ils rentrent tous les uns après les autres dans leurs familles», a-t-il glissé.
Nicée avant l’Ukraine
Réagissant à l’invitation du président Volodymyr Zelensky à Léon XIV de se rendre en Ukraine – lors de leur entretien téléphonique du 12 mai –, le cardinal Parolin a estimé qu’il était «prématuré» d’en parler et que ce déplacement devait encore être évalué par le pontife.
Le premier voyage du nouveau pape «sera Nicée», a-t-il annoncé en revanche. «C’est un moment important pour l’Église catholique, pour l’œcuménisme, et il était prévu que le pape y aille» avant le décès de François, a-t-il déclaré, présumant que Léon XIV mènerait à bien ce projet.
Le cardinal Parolin a assuré par ailleurs que le Moyen-Orient avait eu une place particulière pendant les congrégations générales de préparation au conclave. Au sujet de la Terre sainte, a-t-il indiqué, les cardinaux ont souhaité une «continuité» avec les prises de position de François «pour obtenir la libération des otages – un des points que le Saint-Siège soulève toujours», et pour l’assistance humanitaire à Gaza. (cath.ch/imedia/ak/rz)