La fin du XIXe siècle va voir s’accentuer les bases de l’"inflation" ur-
baine au Pérou. Suivant en cela la tendance générale, résultat de l’industrialisation mondiale, mais aussi de la conséquence du modèle mis en place
tout au long du parcours de la vie coloniale.
Sur un territoire de quelque 1’240 Km2, le Pérou actuel compte 22 millions d’habitants environ. 46% d’entre eux viennent des vallées du littoral
péruvien.
Depuis 1972, et cela dans les trois régions du pays (Andes, Sierra et
Côte), 7 zones urbaines se sont concentrées en pôle d’attraction pour les
populations qui quittent les campagnes.
L’appauvrissement des terres dans les zones andines, terres délaissées,
sans appui ni investissement du pouvoir, l’espoir de trouver ailleurs du
travail, les problèmes liés à l’éducation et plus récemment encore le terrorisme, génèrent l’exode massif des populations vers les villes, en particuler vers Lima, la capitale, qui compte aujourd’hui quelque 6 millions
d’habitants. Provoquant, à Lima notamment, une concentration urbaine dans
les barriadas populaires, qui entraînent inégalités sociales, chômage, travail forcé et exploitation des enfants. Maisons délabrées et quartiers sans
structure d’accueil ni planification d’aucune sorte et surtout pas urbaine:
voilà ce qui attend ces polulations en exode.
A ces problèmes d’ordre existentiel et structurel, il convient d’ajouter
le bouleversement culturel, le déracinement, la rupture profonde avec un
milieu ancestralement connu et accepté, ainsi qu’une rupture des valeurs,
que subisent ces populations en exode, peu préparées à affronter ces nouvelles réalités.
Cette forme anarchique d’urbanisation n’a cependant pas que des effets
négatifs, puisqu’elle entraîne de nouvelles formes de luttes sociales, la
création de mouvements revendicatifs, une forme nouvelle de solidarité,
ainsi que l’apprentissage à une débrouillardise peu commune pour des gens
obligés tant bien que mal à s’adapter et à trouver des ressources de survie.