Praroman, 20mars(APIC) La conférence intitulée "Droits de l’Homme, droits
du prochain" organisée par l’équipe missionnaire de la paroisse de Praroman, près de Fribourg, a réuni une trentaine de personnes dans la salle de
paroisse vendredi 18 mars. Au cours de la soirée étaient proposées deux manières complémentaires d’aborder les Droits de l’Homme : dans un premier
temps, Patrice Meyer-Bisch, professeur et membre d’Amnesty International,
un mouvement de lutte contre la torture, a défini et situé les Droits de
l’Homme; puis André Gachet, missionnaire laic et président romand de Pax
Christi, en a donné une approche ecclésiale.
Pour Patrice Meyer-Bisch les Droits de l’Homme se divisent en trois
catégories : les droits civils et politiques personnels ou relationnels,
qui englobent les libertés publiques (droit à la protection, à la libre
circulation, liberté de conscience, d’association,...); les droits économiques, sociaux et culturels (droit au travail, à l’éducation,...); les
droits à la solidarité, appelés "nouveaux Droits de l’Homme" (droit au
développement, à la paix, à la communication,...). Qu’ils soient exigibles
immédiatement ou qu’ils découlent d’un système politique, économique ou social, ces droits sont inséparables les uns des autres. Selon Patrice MeyerBisch, on ne peut parler objectivement des Droits de l’Homme qu’en les considérant dans leur ensemble. Si l’Est et l’Ouest les interprètent différemment, c’est qu’ils méconnaissent une partie des droits fondamentaux de tout
être humain. L’exposé était éclairé par des exemples concrets.
Le conférencier a ensuite envisagé la responsabilité des chrétiens face
aux Droits de l’Homme. Pour lui la lutte contre la torture est l’essence de
la foi chrétienne : elle prolonge l’Incarnation, puisqu’en défendant tout
homme elle défend Dieu présent en lui. Il y a donc un lien direct entre
action et foi. Les chrétiens ne doivent pas se contenter de faire
fonctionner la démocratie, ils doivent créer un homme nouveau, avec l’aide
de la Grâce.
L’Eglise et les Droits de l’Homme : un long apprentissage
André Gachet a montré, à travers l’histoire de l’Eglise, les grandes
étapes de la prise en considération par celle-ci des Droits de l’Homme : si
la première prise de conscience de l’existence de ces droits date de la
Révolution, il faut attendre encore un siècle pour que l’Eglise commence à
élaborer une pensée sociale. Pourtant les fondements scripturaires et les
textes de reconnaissance ne manquent pas.
Le second conférencier a développé la pensée sociale de l’Eglise catholique d’un triple point de vue : la mission, la promotion humaine et la
paix. Il a mis en évidence le chemin parcouru de "Rerum novarum" (1891), la
première encyclique sociale de l’Eglise, de Léon XIII, à "Sollicitudo rei
socialis" (1987), de Jean Paul II : de la reconnaissance des Droits de
l’Homme dans les domaines économique et social à la reconnaissance des
droits des peuples. Pour André Gachet, le combat pour les Droits de l’Homme
est une dimension constitutive de l’évangélisation. Il pousse les chrétiens
à agir au nom de la dignité humaine.
La soirée a permis aux participants de mieux comprendre les Droits de
l’Homme et leur a ouvert des pistes de réflexion et d’action. (apic/cor)