Prague, 10septembre(APIC) Les Eglises doivent veiller à "la tentation de
se substituer aux idéologies disparues". Telle est la mise en garde de Gabriel Habib, secrétaire général du Conseil des Eglises du Moyen-Orient (CEMO), lors de l’assemblée de la Conférence des Eglises européennes (KEK) à
Prague.
Malgré l’échec du communisme à l’Est, le capitalisme n’apparaît pas comme la solution aux problèmes de l’humanité. On assiste à la mort des idéologies, estime Gabriel Habib. Dans ce monde ou les idéologies sont absentes, les peuples ont tendance à se tourner vers Dieu "et les Eglises connaissent la tentation de se substituer aux idéologies disparues". La tentation est d’autant plus forte, que l’appartenance religieuse se confond
souvent avec l’identié ethnique. C’est ce qu’on observe en ex-Yougoslavie,
en Ukraine, dans d’autres républiques de l’ancienne Union Soviétique, ou
encore au Liban.
Outre le risque nationaliste, une autre tentation menace l’Europe: celle
de se refermer sur ses propres problèmes, celle de "l’eurocentrisme". Pour
Gabriel Habib, l’Europe est en relation avec le monde entier et ne peut
trouver en elle-même toutes les solutions à ses problèmes. La situation actuelle entraîne aussi des conséquences négatives dans les relations avec le
tiers monde. Les Eglises ont la tentation de s’engager dans les conflits
qui déchirent l’Europe et où la recherche d’identité est essentielle. Les
chrétiens et les Eglises doivent comprendre que le monde est pluraliste et
que les autres religions ont la même légitimité que la nôtre. La recherche
d’identité, précise encore le secrétaire général du CEMO, n’est légitime
que "si elle ne conduit pas à rejeter l’autre, mais à découvrir notre unité
dans la diversité, parce que nous sommes créatures du même Dieu". (apiccom/mp)