Prague, 2février(APIC) Après quatre décennies d’interdiction et de persécution par le régime communiste en Tchécoslovaquie, les ordres religieux
masculins et féminins de Bohème et de Moravie, désormais libres, sont officiellement sortis de l’ombre ce 2 février. Vendredi matin, une célébration
dans l’église de l’ancienne abbaye des Prémontrés de Strahov à Prague, retransmise par la radio et la télévision, a en effet réuni plusieurs centaines de religieux tchécoslovaques.
Après la messe, les religieux ont été reçus au Hradcany, siège du gouvernement, par le cardinal Frantisek Tomasek, archevêque de Prague et le
nouveau président tchécoslovaque Vaclav Havel. Vit Tajovski, 82 ans, l’Abbé
de l’ancien monastère des Prémontrés de Zeliv, en Moravie, a présidé la cérémonie et rappelé la dure époque de la répression et de la clandestinité
des congrégations religieuses dans le pays.
L’Abbé Tajovski a déclaré que les religieux allaient apporter leur contribution au renouveau de la Tchécoslovaquie. Il ne s’agit pas pour eux de
récupérer les biens confisqués au temps des communistes, mais ils souhaitent seulement pouvoir retourner dans leurs maisons. Cette célébration a
bien montré que malgré la répression subie, les ordres religieux sont toujours vivants en Tchécoslovaquie. Le nouveau gouvernement vient de les relégaliser.
Rassemblés dans des "couvents de concentration"
Il y a quarante ans, dans la nuit du 13 au 14 avril 1950, le gouvernement, au cours d’une action policière d’envergure dans tout le pays, faisait fermer l’ensemble des couvents d’hommes et quatre mois plus tard ceux
de femmes. Lors de cette opération, près de 2’000 religieux furent rassemblés dans ce qu’on appela alors des "couvents de concentration" et toute
autre activité des congrégations religieuses fut interdite. Cette interdiction fut cependant levée durant le "Printemps de Prague" en 1968, lorsque
le procureur général la déclara illégale.
Cette mesure fut restaurée après l’invasion des troupes du Pacte de Varsovie et la normalisation qui a suivi. Une partie des religieux prêtres purent toutefois travailler dans les paroisses, tandis que quelques groupes
de religieuses purent continuer de s’occuper d’activités au service des
handicapés physiques et mentaux, mais l’acceptation de novices était strictement interdite. Mais dans la clandestinité, des groupes de religieux, qui
acceptaient aussi des vocations, se sont développés malgré les arrestations
et les perquisitions. (apic/kpr/be)