Prague : le cardinal Tomasek regrette les exactions (120190)
"Une souillure sur notre honneur national"
Prague, 12janvier(APIC) Le cardinal Frantisek Tomasek, archevêque de Prague, a qualifié les représailles exercées par les citoyens tchèques contre
les Allemands de Tchécoslovaquie à la fin de la seconde Guerre mondiale de
"souillure sur notre honneur national" dans une déclaration publiée vendredi 12 janvier à Prague. Des trois millions d’Allemands chassés de Tchécoslovaquie en 1945, beaucoup, selon le cardinal Tomasek, ont dû subir des exactions "auxquels certains n’ont pas survécu".
Le primat a estimé que ce n’était que justice que "nous Tchèques, ne
sous-estimions pas la douleur des ces anciens concitoyens et de leurs enfants". Cette souffrance n’est pas encore guérie, a-t-il poursuivi. Les
victimes des représailles n’étaient pas tous coupables et il y avait aussi
parmi eux des gens qui entretenaient de bonnes relations avec les Tchèques
ou qui étaient des opposants actifs au régime nazi.
Mgr Tomasek a souligné que ceux qui ont commis ces actes de vengeance
étaient des "membres douteux du peuple tchécoslovaque". Une partie d’entre
eux étaient même des "collaborateurs du régime nazi".
Le primat a rappelé dans sa déclaration les 6 années d’occupation nazie:
6 années d’oppression cruelle qui ont fait de nombreuses victimes. La nation a même été menacée de disparaître. "Le peuple tchécoslovaque attend
avec raison une excuse pour tout cela de la part des porte-parole officiels
du peuple allemand, même si les Etats (qui ont succédé au IIIe Reich) n’y
ont eu aucune part", a-t-il déclaré. Cependant, pour lui, le fait d’attirer
l’attention sur les injustices dont ont été victime les Tchécoslovaques ne
doit pas conduire à taire les "actes inhumains et illégaux" dont certains
se sont rendus coupables envers les Allemands.
Le cardinal Tomasek a salué le fait que Vaclav Havel, le nouveau président tchécoslovaque, a adressé personnellement ses excuses "à ceux qui
après la seconde Guerre mondiale ont été chassés du pays", victimes "de
souffrances et d’injustices imméritées". Le primat a vu dans cette allocution du président un pas significatif vers la normalisation des relations
entre les peuples tchécoslovaque et allemand", a-t-il ajouté. Le journal
américain "International Herald Tribune" avait laissé entendre vendredi
dernier que le cardinal Tomasek ne partageait pas les mêmes sentiments que
Vaclav Havel et ne voyait pas de raison de s’excuser auprès des Allemands
pour ce qui s’était passé après la libération. (apic/kpr/cor)