Prague: la démission du cardinal Tomasek acceptée (270391)
Mgr Tomasek, figure de la résistance au totalitarisme
Rome, 27mars(APIC) Le pape Jean Paul II a accepté la démission pour raison d’âge du cardinal Frantisek Tomasek, 91 ans, archevêque de Prague, a
informé mercredi la salle de presse du Vatican. Mgr Tomasek est une des figures symboles de l’opposition de l’Eglise catholique aux régimes communistes en Europe de l’Est. Pour lui succéder, le pape a nommé Mgr Miloslav
Vlk, 59 ans. Ce dernier avait été nommé le 14 février 1990 évêque de Ceske
Budejovice. Le nouvel archevêque de Prague occupe actuellement la charge de
président de la Commission épiscopale de son pays pour les moyens de communication sociale. Empêché d’exercer son ministère par les autorités communistes, Mgr Vlk avait dû gagner un moment sa vie comme laveur de carreaux.
Dans une lettre adressée l’an dernier au cardinal Tomasek à l’occasion
de son 90e anniversaire, Jean Paul II définissait le vieux cardinal comme
un "pilier de l’Eglise" et comme un "défenseur de la foi". Frantisek Tomasek est né le 30 juin 1899. Ordonné prêtre en 1922, il avait été créé cardinal "in pectore" (en secret) le 24 mai 1976 par le pape Paul VI en raison
de la situation difficile de l’Eglise catholique en Tchécoslovaquie. Sa nomination n’avait été publiée qu’en juin 1977. Mgr Tomasek, qui est depuis
1977 archevêque de Prague, a passé trois ans de sa vie - de 1951 à 1954 dans un camp de travail.
Au cours du printemps de Prague de 1968, le prélat avait envoyé un télégramme à Alexandre Dubcek, l’assurant de l’appui de l’Eglise. Il a aussi
appuyé explicitement les manifestations de 1989 contre le régime communiste: "Je ne dois pas me taire au moment où vous êtes tous unis dans une imposante démonstration contre les injustices commises contre vous depuis 40
ans", avait-il notamment écrit dans une déclaration lue à Prague par un
prêtre le 21 novembre 1989 devant quelque 150’000 manifestants.
Le 19 avril 1990, le Saint-Siège et la Tchécoslovaquie rétablissaient
leurs relations diplomatiques. Quelque jours plus tard, les 21 et 22 avril,
Jean Paul II se rendait en Tchécoslovaquie. Cette visite, le premier voyage
pontifical dans un pays de l’Est après la chute du mur de Berlin, avait été
considérée comme un hommage au vieux cardinal démissionnaire.
Son successeur, Mgr Vlk, né le 27 mai 1932, a été victime de la répression communiste comme beaucoup de membres de l’Eglise catholique en Tchécoslovaquie. Pendant huit ans, le régime lui avait interdit d’exercer ses
activités pastorales, l’obligeant à accomplir un travail manuel en raison
de sa grande influence comme prêtre sur les jeunes et sur la population..
(apic/jt/pr)