Prague: élection difficile du comité central de la KEK (100992)
Prague, 10septembre(APIC) La 10e Assemblée générale de la Conférence des
Eglises européennnes (KEK) n’est pas parvenue à élire mercredi son présidium et ses présidents. L’assemblée a par contre désigné par 234 voix sur 264
les 35 membres du comité central. Ils présideront pour six ans aux destinées de la KEK et éliront dans leur sein en mars 1993 les 8 membres du présidium dont le président et le vice-président. Le patriarche de Moscou, Mgr
Alexis II, avait renoncé à se représenter à cette charge.
Le nouveau comité central se compose de 13 femmes et de 22 hommes. 24
sont des clercs et 11 des laïcs. Les élus forment un échantillon
représentatif des diverses Eglises et des pays d’Europe: 11 orthodoxes, 7
luthériens, 5 réformés, 4 membres des "Eglises unies", 2 anglicans, 2
méthodistes, 1 baptiste, 1 arménien, 1 vieux-catholique, 1 protestant. Pour
la répartition par pays, la Russie et l’Allemagne comptent chacune 4 élus,
la Grande-Bretagne 3, le patriarcat oecuménique de Constatinople, la
Roumanie et la Suisse chacun 2, l’Arménie, l’Autriche, la Belgique, la
Bulgarie, Chypre, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la France, la Grèce,
la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lituanie, la Norvège, la Suède, la
Tchécoslovaquie et l’ex-Yougoslavie, chacun 1. Neuf membres siégeaient déjà
dans l’ancien comité, 5 membres ont en outre moins de 30 ans.
L’élection a été plus disputée que les chiffres ne le laissent penser.
Le débat a déjà commencé lors de l’acceptation de la nouvelle constitution
le 5 septembre à propos du nombre de membres du comité central. Certains
prônaient une augmentation de ce nombre pour garantir une meilleure
représentativité, d’autres par contre souhaitaient une réduction pour plus
d’efficacité et d’économies. Il fut décidé finalement de maintenir le statu
quo à 35 membres.
La première liste de candidats, présentée mardi, a été refusée par la
majorité de l’Assemblée, les délégués de la jeunesse paraissant sous-représentés. Mercredi, le mode d’élection des candidats a été remis en question
par les orthodoxes qui voulaient désigner eux même leurs candidats, sous la
menace de quitter la KEK. La majorité des délégués des autres Eglises ont
refusé cette procédure et prié les orthodoxes de respecter les règles démocratiques de la KEK.
Une troisième passe d’armes a eu lieu autour de la candidature de Mgr
Antonie Plamadeala, métropolite orthodoxe roumain de Sibiu, à qui on
reproche ses compromissions avec la dictature de Ceaucescu. Finalement Mgr
Antonie, qui jusqu’à présent était membre du présidium de la KEK, a été
remplacé par Mgr Teofan Savu de Bucarest.
Doublement des contributions financières des Eglises
L’assemblée de la KEK a également adopté le rapport de la commission des
finances qui prévoit pour la période de 1993 à 1998 le doublement des contributions financières des Eglises. Ces contributions, qui s’élevaient à
750’000 francs suisses, devraient progresser jusqu’à 1,7 million de francs.
Wilhelm Nauser, président de la commission des finances, estime cette attente réaliste, les contributions 1992 ayant déjà atteint 1 million de
francs. Cette politique doit permettre de réduire la part des dons d’institutions ou de personnes privées de 43% à 25% du budget. En outre les Eglises devront verser chaque année un montant équivalent au sixième de leur
contribution à un fonds spécial destiné à l’organisation des prochaines assemblées générales. Enfin le fonds de solidarité sera consolidé pour compenser l’incapacité de certaines Eglises d’Europe centrale et de l’Est à
assumer leurs cotisations. (apic/com/kpr/mp)