Prague: 10e Conférence de la KEK (060992)
L’évangélisation de l’Europe? "Une tâche commune de toutes les Eglises"
Prague, 6septembre(APIC) "Tous les côtés sont coupables, et si nous arrivons à établir un dialogue, il faudra d’abord que chacun de nous accepte de
déposer les armes", a déclaré le pasteur Jan Vinkovic, de l’Eglise luthérienne slovaque de Voívodine, lors du débat consacré au conflit en ex-Yougoslavie à l’occasion de l’Assemblée de la 10e Conférence des Eglises européennes (KEK), qui se tient actuellement à Prague. Les délégués avaient auparavant, lors de la première séance plénière du vendredi 4 septembre,
écouté un message du cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan et
président du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE), ainsi
qu’un message du nouveau secrétaire général du Conseil oecuménique des
Eglises (COE), Konrad Raiser.
Dans son message, le cardinal Martini a souligné que l’évangélisation du
continent européen est une tâche commune de toutes les Eglises, avant de
rappeler que "la collaboration entre les Eglises correspond à la volonté du
Christ et au dynamisme du Saint-Esprit dans toutes nos Eglises et comunautés". Pour le président du CCEE, "les Eglises d’Europe ont une responsabilité spéciale à l’égard du chemin vers l’unité". Car c’est en Europe principalement que "sont nées les divisions et les séparations entre les chrétiens et les Eglises".
Et le cardinal d’ajouter: "C’est encore en Europe que l’annonce de
l’Evangile est comme obscurcie par l’indifférence, l’agnosticisme et
l’athéisme. Toutes les Eglises sont confrontées aux mêmes problèmes: il
nous faut proclamer la foi dans un milieu de plus en plus sécularisé. C’est
dire que l’évangélisation du vieux continent est désormais la tâche commune
de toutes les Eglises". Ce qui, a encore fait remarquer le président du
CCEE, "requiert beaucoup de sensibilité, de compréhension mutuelle et même
de patience".
Tous sont responsables
Lors de la table ronde consacrée à l’ex-Yougoslavie, à laquelle participaient des représentants des Eglise orthodoxe serbe, de l’Eglise luthérienne slovaque, de l’Eglise réformée de Voívodine, de l’Eglise catholique
croate, des communautés musulmanes, ainsi que le secrétaire général de la
KEK, Jean Fischer, et le secrétaire général du CCEE, Ivo Fürer, les délégués présents ont entendu l’évêque Iriney de l’Eglise orthodoxe serbe déclarer que "la politique de purification ethnique est pratiquée par tous
les partis".
Quant au secrétaire général du CCEE, Ivo Fürer, il a reconnu qu’il était
difficile d’intervenir dans le conflit: "Tout au plus, a-t-il dit, pouvonsnous établir des contacts avec l’Eglise croate et tenter de l’amener à une
attitude qui permette une solution pacifique du conflit". Jean Fischer a
pour sa part rendu compte de la première table ronde tenue à Saint-Gall à
l’invitation de la KEK et du CCEE.
Nouvelle Constitution de la KEK: dans la continuité
La 10e Assemblée de la Conférence de la KEK a également permis aux délégués de débattre de la nouvelle Constitution de la KEK, présentée aux membres. "La nouvelle Constitution se situe dans la continuité de la KEK et de
ses statuts", informe un communiqué. La nouvelle Constitution est désormais
complétée par un règlement d’application de la Constitution et par un règlement de l’Assemblée.
Autre objet de discussion: les projets de déclarations publiques qui seront publiées au terme de l’Assemblée. Le Comité des déclarations publiques
soumettra trois textes à l’Assemblée de la KEK: les situations de guerre et
de conflit en Europe; le racisme et la xénophobie en Europe; la préparation
du 500e anniversaire de la présence européenne en Amérique latine et ses
conséquences.
Durant les travaux qui se déroulent actuellement à Prague, l’occasion a
été donnée aux Eglises de la future ex-Tchécoslovaquie de se présenter aux
délégués, lesquels ont salué un message du Premier ministre tchèque, et
écouté le ministre de l’Education du gouvernement tchèque interpeller l’assemblée en latin, puis dans sa propre langue, afin d’évoquer la croix et le
calice "qui sont en quelque sorte l’image de la vie de ce pays".
Plusieurs débats et tables rondes figuraient ces derniers jours au programme de l’Assemblée. La théologienne suisse Ina Pratorius a résumé
vingt ans de recherche théologique féminine lors d’une table ronde organisée par plusieurs mouvements de femmes européennes. Une Information-débat
sur "Paix, justice et droits de l’homme au cours de laquelle les participants ont constaté que les deux problèmes-clé concernant les droits de
l’homme en Europe aujourd’hui sont l’absence de respect des droits des minorités et l’intolérance religieuse. Les délégués ont enfin entendu les
rapports des secrétariats de la KEK présentés par leurs secrétaires respectifs. (apic/com/pr)