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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    L’Etat de droit démocratique prime sur l’Etat national

    Prague: 10e conférence de la KEK (040992)

    Prague, 4septembre(APIC) L’amphithéatre de l’Université d’agriculture de

    Prague était trop petit jeudi pour accueillir tous les délégués de la l’Assemblée de la Conférence des Eglises européennes (KEK) désireux de participer au débat sur "les nationalismes en Europe centrale et de l’est". Avant

    des Etats nationaux il faut d’abord en Europe de l’Est un Etat de droit démocratique, telle est la conclusion de la discussion.

    Suprise dès l’ouverture. Laszlo Tökes, évêque réformé de Timisoara en

    Roumanie, n’est pas là. Il vient d’entamer dans son église à Timisoara, une

    grève de la faim pour exiger la justice pour "toutes les victimes du communisme et du nationalisme", la lumière sur les événements qui ont coûté la

    vie à deux membres de l’Eglise réformée en Transsylvanie et le jugement des

    coupables. Dans un message lu par son adjoint, Laszlo Tökes a demandé le

    soutien des Eglises et de la KEK.

    Bosnie: "Nous serons tous des vaincus"

    Sania Kirnic, médecin musulmane de Sarajevo, le père catholique croate

    Marko Orsolil, directeur d’un centre de dialogue à Sarajevo et Mgr Irénée,

    évêque orthodoxe serbe de Backa ont témoigné ensuite du drame de la

    Bosnie-Herzégovine. Sania Kirnic a raconté les bombardements à Sarajevo,

    les viols, les prises d’otage, la mort d’un collègue à la sortie de

    l’hôpital, sa fuite en compagnie d’un millier de personnes. Elle a expliqué

    l’arrêt du convoi composé principalement de femmes et d’enfants par les

    milices serbes et sa détention pendant plusieurs jours dans des conditions

    dramatiques. Les images de la télévision, les récits des journeaux ont pris

    un visage.

    "Dans une guerre civile, tout est atroce de tous les côtés", poursuit

    l’évêque orthodoxe Irénée. Pour lui, les causes du conflit remontent à une

    véritable "intoxication nationaliste" qui a commencé dès le début du siécle. La période titiste n’a pas cherché à désintoxiquer le mal. Cette intoxication s’est propagée d’autant plus facilement que l’athéisme officiel a

    fait perdre toutes les valeurs à toute une génération, a-t-il souligné. "Il

    ne peut pas y avoir de vainqueur dans cette guerre, nous serons tous des

    vaincus" conclut-il. L’évêque reproche à la Communauté européenne un manque

    de clairvoyance notamment dans la reconnaissance, à son avis prématurée, de

    la Slovénie, de la Croatie, et de la Bosnie-Herzégovine. Ce qui a laissé

    entrevoir à certains une constitution possible de trois Etats: une Croatie

    catholique, une Serbie orthodoxe et une Bosnie musulmane. Ce qui est évident impossible au vu des données démographiques, a expliqé Mgr Irénée.

    Pour le Père franciscain croate Marko Orsolic, "l’appartenance ethnique

    et nationale n’est pas la principale composante de l’identité de l’être humain". "Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas d’un Etat national, mais

    d’un Etat de droit démocratique. Car l’Etat national est une idole qui dévore ses enfants." Et d’exiger que, "comme naguère la démocratie et le

    droits de l’homnme ont pu progresser grâce à la séparation de l’Eglise et

    de l’Etat, on apprenne aujourd’hui à séparer l’Etat de la culture."

    C’est le politologue autrichien Ernst Heller qui a énoncé quelques principes en conclusion du débat, bien après l’heure prévue. Il met d’abord en

    doute que le principe de l’auto-détermination des peuples puisse résoudre

    les conflits en Bosnie. Il peut aussi dresser les minorités les unes contre

    les autres. Une vraie démocratie est d’abord celle de l’auto-détermination

    et des droits de l’individu, souligne-t-il. "Un Etat national sans définition des droits des minorités est une formule pour la guerre. Un Etat national avec des droits garantis aux minorités est la possibilité d’un cessez-le-feu. Seul un Etat qui a procédé à la séparation de l’Etat et de la

    culture permet de faire naître une nouvelle culture enracinée non dans

    l’appartenance ethnique ou la langue, mais dans la démocratie elle-même."

    C’est un long moment de silence et de prière pour la paix, récapitulant

    l’intense émotion de la discussion qui a clos cette table-ronde. (apic/commp)

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