Prague: 10e Assemblée de la Conférence des Eglises européennes (030992)
Prague, 3septembre(APIC) Les Eglises européennes doivent montrer le chemin pour sortir de l’impasse du nationalisme grandissant fortement en Europe. Tel est le voeu exprimé devant la 10e assemblée générale de la KEK qui
se tient actuellement à Prague par le pasteur suisse Jean Fischer, secrétaire général de la Conférence des Eglises européennes (KEK). Il s’agit de
construire l’Europe dans un monde qui doit être transformé, a relevé le
pasteur.
Mais les signes d’un monde nouveau ne sont pas encore visibles. C’est
pourquoi des guerres locales peuvent s’étendre facilement à tout le continent, a averti Jean Fischer. La KEK est invitée à trouver de nouvelles perspectives et de nouveaux chemins. Un des moyens à disposition est le dialogue permanent avec les Etats et les organisations internationales, comme la
Communauté européenne, la Conférence pour la sécurité et la coopération en
Europe (CSCE) ou le Conseil de l’Europe, auquel la KEK appartient depuis
mai 1992 en tant qu’organisation non gouvernementale. Cet aspect fait aussi
partie du dialogue oecuménique et de la reponsabilité des Eglises, a souligné le pasteur Fischer.
Pour un engagement accru des chrétiens dans l’économie et la politique
Mgr Jan Anchimiuk Jeremiasz, de l’Eglise orthodoxe polonaise, a exprimé
la crainte que persisteront durant des décennies une Europe riche et une
Europe pauvre et ainsi un continent divisé. Ce risque rend indispensable et
urgent un engagement accru des chrétiens dans l’économie et la politique.
"En Europe centrale et orientale, la disparition d’une idéologie prétendant
tout dominer a créé un vide qui représente un défi pour les Eglises chrétiennes. Elles doivent assumer de manière décidée et responsable un rôle
dirigeant dans le développement de projets politiques", a expliqué l’évêque. Il faut se poser également la question si l’économie de marché
libérale est le médicament miracle pour toutes les maladies économiques qui
frappent l’Europe de l’Est.
L’évêque orthodoxe polonais a déploré aussi la grave crise de
l’oecuménisme en Europe orientale. Le dialogue entre les orthodoxes et le
Vatican a reculé depuis l’époque de Vatican II, a-t-il estimé. Mais il est
réjouissant de constater que la collaboration pratique entre les Eglises
protestantes et orthodoxes a crû en intensité, a conclu l’évêque.
L’assemblée générale de la KEK, qui durera jusqu’au 10 septembre, regroupe quelque 350 délégués de 112 Eglises de tous les pays d’Europe.
(apic/kpr/mp)