Poursuite de la visite de Jean Paul II au Brésil (201091)
Condamnation du "capitalisme sauvage"
Vitoria/Maceio, 20octobre(APIC) Jean Paul II, visitant samedi les "pauvres parmi les pauvres" dans la banlieue de Vitoria, capitale de l’Etat
brésilien d’Espirito Santo, dans le Sudeste, a condamné le "capitalisme
sauvage". Le pape s’adressait aux habitants de la Favela do Lixao de Sao
Pedro, un immense ensemble de baraques vétustes où quelque 150’000 personnes s’entassent au milieu des ordures.
Il a lancé à cette occasion un appel à tous les protagonistes de la vie
économique et sociale du Brésil - travailleurs, entrepreneurs et gouvernants - afin qu’ils unissent leurs efforts solidairement, dans la promotion
de réformes sociales courageuses et profondes pour mettre un terme au scandale de la misère.
Jean Paul II a dénoncé devant la foule rassemblée le capitalisme sauvage, avec sa "recherche effrénée du profit", unie au manque de respect pour
les valeurs fondamentales du travail et de la dignité des travailleurs.
Cette recherche du profit à tout prix, a-t-il poursuivi, est souvent
accompagnée par la corruption des pouvoirs publics et par des profits
faciles fondés sur des activités illégales.
"Les solutions perverses du collectivisme marxiste"
Jean Paul II a également refusé "les solutions perverses du collectivisme marxiste qui suffoque la liberté, réprime l’initiative, réduit la personne humaine à la condition d’une simple pièce d’un engrenage, fomente la
haine et finit dans l’appauvrissement qu’il voulait résoudre, et dans le
plus dégradant esclavage". Plaidant pour une "civilisation de l’amour" opposée à la "civilisation de l’égoïsme", le pape a souligné la nécessité
d’un fort réveil de la conscience morale de tous les Brésiliens. "C’est un
strict devoir de justice et de vérité d’empêcher que les besoins humains
fondamentaux restent insatisfaits et que les hommes qui souffrent de ces
carences meurent".
Il a ensuite invité à la collaboration internationale afin que les nations les plus puissantes sachent offrir aux plus faibles des occasions
d’insertion dans la vie internationale et que les nations les plus faibles
sachent saisir une telle occasion. Abordant ensuite le lourd fardeau de la
dette des pays du tiers-monde - une dette, au Brésil, qui a allègrement dépassé les 100 milliards de dollars il y a plusieurs années déjà - le pape a
affirmé que l’on ne peut prétendre que les dettes contractées soient payées
avec d’insupportables sacrifices pour la population. Il a estimé "nécessaire de trouver des solutions compatibles avec le droit fondamental des peuples à leur subsistance et à leur progrès".
"Augmentation épouvantable des favelas"
Dans une messe célébrée le soir à Maceio, capitale du petit Etat d’Alagoas, dans le Nordeste, à quelque 1’300 km au Nord-Est de Vitoria, Jean
Paul II est revenu sur les problèmes du monde du travail, notamment des
travailleurs ruraux qui "traversent de grandes difficultés et incompréhension à cause de l’application manquée des lois sociales" par les grands
propriétaires terriens. Le pape a déploré l’exode rural vers les grandes
villes, avec pour conséquence "l’augmentation épouvantable des favelas",
ainsi que les enfants abandonnés, "victimes prématurées du vice de la drogue qui leur réserve une mort cruelle et implacable". Il a prié Dieu d’illuminer les responsables "afin qu’ils trouvent des voies sages et efficaces
pour la solution du problème du travail et du logement". (apic/jt/be)