Pour un partenariat de l’Europe avec les familles les plus pauvres (300689)
Bruxelles, 30juin(APIC/CIP) Des représentants européens du mouvement ATD
Quart-Monde ont cherché vendredi 30 juin à Bruxelles, lors d’un séminaire
organisé au Comité Economique et social européen, des pistes de collaborations avec des personnalités européennes et internationales. Des délégations des familles vivant dans la grande pauvreté et des travailleurs sociaux
de Suisse, de Belgique, de France, des Pays-Bas, du Luxembourg, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, et d’Irlande ont fait part des résultats d’une
enquête menée de 1987 à 1989 par le mouvement. La délégation suisse, qui
comprenait 6 personnes, était emmenée par Arnold Christen, responsable national d’ATD Quart-Monde, à Treyvaux.
Trois personnalités accompagnaient en outre la délégation suisse, Angéline Fankhauser, conseillère nationale de Bâle-Campagne, Anna Kellerhals,
de Pro Familia ainsi que Jean-Pierre Joliat, chef du Service de l’aide sociale pour le canton du Jura. L’enquête en question avait été confiée par
la Communauté Européenne au mouvement ATD Quart-Monde, dans le cadre d’un
second programme de lutte contre la pauvreté.
Ils sont entre 6 et 10 millions les pauvres et même les très pauvres qui
vivent en Europe. Et les premiers constats relevés par l’enquête sur les
planchers de ressources pour les familles défavorisées dans les huit pays
représentés vendredi à Bruxelles relèvent que "le revenu minimum permet de
survivre, mais pas de vivre" et que, même retenus par le "dernier filet" de
la sécurité sociale, des familles et des citoyens européens vivent dans la
grande pauvreté. Le revenu minimum garanti, même avec des allocations
supplémentaires, ne leur permet pas de poursuivre des projets familiaux ou
professionnels, les logements sont souvent de mauvaise qualité et les soins
de santé ne suffisent pas à maintenir leur "capital-santé".
Pour sa part, la délégation suisse a relevé l’effet que provoque la
pauvreté sur l’éducation des enfants. "Nos enfants sont défavorisés pour
apprendre", "ils subissent les moqueries de leurs camarades à cause de
leurs habits reçus". Autre témoignage d’une famille: le courant électrique
coupé... la facture n’ayant pas été payée. La mère doit réveiller ses enfants en hiver à l’aide d’une lampe de poche. Pour la délégation, "il est
toujours très difficile d’aller chercher l’argent nécessaire auprès des
oeuvres sociales. "On doit mendier pour tout et faire que ce que les autres
nous permettent de faire. On nous dit: cette chose là n’est pas indispensable, vous devez y renoncer".
Un plan européen
Dernier grand constat de l’enquête européenne: les pauvres ont un grand
désir de participer aux prises de décision qui les concernent comme aux
grands débats qui agitent leurs concitoyens.
Le mouvement ATD Quart-Monde, dans le prolongement de son étude, propose
en outre "un plan européen d’investissement", fondé sur le rapport que le
fondateur du mouvement, le Père Joseph Wresinski, avait présenté en 1987 au
Conseil Economique et Social français sur le thème "Grande pauvreté et
précarité économique et sociale". Selon le mouvement, il conviendrait de
"créer le partenariat". Ce qui suppose de "reconnaître l’existence de la
grande pauvreté; de programmer et d’évaluer les orientations de la politique européenne en matière de lutte contre la pauvreté; d’intégrer dans les
textes de loi la violation des droits de l’homme que constitue la misère;
enfin, de favoriser la représentation démocratique des citoyens les plus
démunis". ATD Quart-Monde attend de l’Europe un partenariat avec les familles les plus pauvres. (apic/cip/pr)