Johannesbourg, 20 septembre (APIC) La Conférence épiscopale catholique
d’Afrique du Sud, dans un communiqué signé par son président, Mgr Wilfred
Fox Napier, évêque de Kokstad, a pris l’initiative d’exprimer à Pik Botha,
ministre des Affaires Etrangères de l’Afrique du Sud, sa "profonde gratitude et son estime pour sa courtoisie et l’aide apportée" au pape Jean Paul
II" lors de son escale improvisée entre le Botswana et le Lesotho.
"La prompte intervention du ministre des Affaires Etrangères, affirment
les évêques, a permis que la visite papele puisse se poursuivre dans les
meilleurs délais selon l’itinéraire possible dans ces circonstances".
Par ailleurs, lors d’une interview accordée au quotidien catholique
français "La Croix", Mgr Denis Hurley, archevêque de Durban, a lancé un appel pressant à Jean Paul II à se rendre en Afrique du Sud. Il fait notamment part de son souhait de voir le pape répondre à l’invitation que
l’épiscopat lui a adressé dès 1982. Mgr Hurley a la conviction que Jean
Paul II serait bien accueilli, "tant par les catholiques blancs que par les
noirs".
"les premiers, dit Mgr Hurley, sont très meurtris qu’il ne soit pas venu
cette fois et pensent: ’Nous ne sommes pas les seuls pécheurs au monde, et
le pape se rend dans des pays ou la justice ne règne pas. Aujourd’hui, sa
présence nous serait bien précieuse dans nos difficultés". Quant aux noirs,
déclare Hgr Hurley, "les plus conscientisés apprécient sa non-venue. Ils y
voient un geste symbolique contre l’apartheid".
Selon l’archevêque de Durban, une telle visite est non seulement opportune mais urgente. "Il doit la faire sans tarder, dit-il, car s’il vient
dans quinze ans, que restera-t-il de la société sud-africaine? S’il nous
visite bientôt, il peut permettre aux gens de prendre conscience des impasses ou mène la violence. Mais peut-être nous permettra-t-il ainsi d’éviter
la tragédie".
Une tragédie inéluctable? "J’en ai peur, répond Mgr Hurley, et les
espoirs humains sont très minces. Mais comme chrétien, je garde toute mon
espérance, et je pense que Jean Paul II peut vraiment jouer un rôle de semeur de paix dans notre pays". (apic/cip/pr