Jean Paul II fait de la solidarité "un impératif éthique"
Praia, 25 janvier (APIC/CIP) C’est "une vieille chrétienté aux portes du
continent africain" que Jean Paul II a saluée à son arrivée aux Iles du Cap
Vert, peu après que son avion se soit posé à 17h.30 sur l’aéroport international Amilcar Cabral, sur l’Ile du Sel, l’une des dix îles faisant partie
de la République capverdienne. Le pape a été accueilli par le président de
l’Assemblée populaire et par Mgr Paulino do Livramento Evora, évêque de
Santiago de Cabo Verde, l’unique diocèse du pays. Dans son deuxième discours de la journée, le pape a mis en garde l’homme "qui ne peut capituler
devant les systèmes et idéologies qui limitent sa liberté de personne libre
et responsable", et fait de la solidarité "un véritable impératif éthique".
En décollant à 11h. 20 jeudi matin de l’aéroport international romain de
Fiumicino, le pape entamait ainsi sa 45e visite pastorale, la sixième en
terre africaine. Cinq pays figurent au programme de ce nouveau périple: le
Cap Vert, la Guinée Bissau, le Mali, le Burkina Faso, et le Tchad.
Dans son premier discours, le pape a salué les chrétiens du pays (91% de
la population). "La semence de l’Evangile est tombée ici il y a plusieurs
siècles et les Capverdiens ont ouvert les portes au Rédempteur", a déclaré
Jean Paul II avant d’ajouter: "C’est donc avec joie que je viens jeter moi
aussi le germe de la foi, de l’espoir et de la charité dans un sillon ouvert depuis longtemps". Jean Paul II a enfin invité les chrétiens à être
"chaque jour davantage lumière du monde et sel de la terre et à chercher à
vivre comme chrétiens responsables témoignant de la dimension sociale de
leur adhésion au Christ et à l’Eglise".
Le pape a ensuite gagné Praia, la capitale du pays, une ville d’environ
50’000 habitants, située sur la principale île de l’archipel, celle de Sao
Tiago. Il a été accueilli à l’aéroport par Aristides Pereira, président en
charge du Cap Vert depuis 1975.
Le vrai sens de l’homme
Dans son deuxième discours, Jean Paul II a expliqué qu’il était désireux
d’apporter sa collaboration pour que prévale dans le monde "le vrai sens de
l’homme, de son authentique développement et de l’indispensable solidarité". L’homme, a dit le pape, "ne peut se dérober à lui-même, ni à la place
et à la tâche qui lui reviennent dans le monde visible; il ne peut devenir
esclave des objets et des biens matériels, des plaisirs désordonnés et de
la soif démesurée du pouvoir, de même qu’il ne peut capituler devant les
systèmes et idéologies qui limitent sa liberté de personne libre et responsable". Indiquant que l’Eglise voulait se mettre au service de "la civilisation de l’amour, sans utopie", Jean Paul II a fait de la solidarité "un
véritable impératif éthique" et rappelé les droits de l’enfant à naître et
ceux des parents à la fécondité et à l’éducation de leurs enfants, "ce qui
sous-entend, a-t-il conclu, leur droit à recevoir les moyens de les élever
dans des conditions dignes. Il est bien connu que ces priorités sont altérées et menacées actuellement partout dans le monde".
Après avoir rencontré en fin d’après-midi dans la cathédrale les prêtres, les religieux, les séminaristes et les laïcs au service de la pastorale, le pape a terminé sa première journée en se rendant au palais présidentiel pour une visite de courtoisie au président Pereira, en présence des
représentants de l’Etat, de dignitaires ecclésiastiques et du Corps diplomatique. (apic/jt/pr)