Lettre de "Justice et Paix" à Jean-Pascal Delamuraz
Berne, 12 février(APIC) La Commission "Justice et Paix" se prononce à son
tour pour le maintien de l’interdiction du travail de nuit des femmes dans
l’industrie. Dans une lettre adressée au Conseiller fédéral Jean-Pascal Delamuraz, chef du Département de l’Economie publique, la Commission dit
espérer que le Conseil fédéral ne résiliera pas la convention 89 de l’Organisation internationale du travail (OIT). "Justice et Paix" rejoint ainsi
la position de Caritas Suisse rendue publique le 6 février.
Dans sa brochure intitulée "Prendre le temps", publiée en 1990, la Commission suisse "Justice et Paix" avait déjà souligné les nuisances pour la
vie familiale et sociale ainsi que pour la santé des intéressés du travail
de nuit. Elle réitère aujourd’hui son opposition à l’idée d’une résiliation
de la convention 89 de l’OIT qui interdit le travail de nuit des femmes
dans l’industrie. "Si l’égalité entre homme et femme doit être réalisée,
souligne-t-elle dans un communiqué publié mercredi, cela ne doit pas se
faire au détriment de la protection sociale des travailleurs et des travailleuses".
Selon "Justice et Paix", l’abandon de l’interdiction internationale du
travail de nuit des femmes dans l’industrie reviendrait à ouvrir la porte à
une exploitation accrue des travailleurs et des travailleuses. "Cela aurait
aussi pour conséquence d’encourager les pays du tiers monde, dont nombre
d’entre-eux ont signé cette convention, à recourir davantage au travail
nocturne féminin. Une telle évolution approfondirait encore le fossé social
entre le Nord et le Sud".
La Commission "Justice et Paix" espère que le Conseil fédéral ne résiliera pas cette convention comme il peut le faire jusqu’à la fin du mois de
février, mais qu’au contraire, il renouvellera son engagement pour les dix
ans à venir. De l’avis de la Commission, ce laps de temps devrait être mis
à profit pour renforcer l’égalité des chances et des conditions de travail
entre hommes et femmes ainsi que les limitations du travail de nuit pour
les travailleurs des deux sexes. (apic/com/pr)