Pour le Conseil fédéral la nomination d’évêques auxiliaires (111187)
Berne, 11novembre(APIC) Dans sa session du mercredi 11 novembre le Conseil fédéral a répondu à la question ordinaire posée le 30 septembre par le
conseiller national démocrate-chrétien argovien Leo Weber et qui était formulée ainsi : "La nomination de nouveaux évêques auxiliaires dans les
diocèses les plus peuplés de l’Eglise catholique romaine a suscité certaines réactions désobligeantes. En Suisse romande, certains y ont même vu une
menace pour la paix confessionnelle. Le Conseil fédéral partage-t-il cet
avis ou ne pense-t-il pas plutôt qu’il s’agit là d’une mesure de nature purement pastorale qui n’enfreint en rien l’ordre juridique et qui s’impose
même, étant donné les difficultés que poserait un réaménagement des diocèses ?"
Le Conseil fédéral a répondu en ces termes : "Selon la règle constitutionnelle de partage des compétences (art. 3 cst.), les cantons demeurent
souverains en matière ecclésiastique. Ils ont su régler les rapports entre
l’Etat et l’Eglise avec une telle compréhension des particularités régionales et historiques que la paix religieuse a pu être maintenue. On peut mentionner entre autres les réformes en matière ecclésiastique, qui ont eu
lieu dans divers cantons, notamment au cours des 25 dernières années; elles
ont pu être réalisées sans que surgissent des tensions d’ordre confessionnel. Il n’y a pas lieu de considérer des divergences d’ordre confessionnel
en soi comme un trouble ou une menace de la paix religieuse. De l’avis du
Conseil fédéral, ceci vaut également pour les nominations d’évêques auxiliaires pour des raisons d’ordre pastoral".
M. Leo Weber, en posant sa question, faisait allusion à la nomination
récente de deux évêques auxiliaires : Mgr Amédée Grab pour le diocèse de
Lausanne, Genève et Fribourg et Mgr Martin Gaechter pour le diocèse de
Bâle. L’installation d’un évêque auxiliaire à Genève a conduit certains à
parler de mise en péril de la paix confessionnelle. Mgr Pierre Mamie,
l’évêque du diocèse, voulait, en installant Mgr Grab, répondre à une
"nécessité pastorale" : sa décision n’a pas été comprise de cette manière
par tout le monde. Les cercles protestants, mais quelques catholiques aussi, ont avancé l’argument que Genève, la "ville de Calvin", devait rester
le symbole de la Réforme. L’installation d’un évêque auxiliaire à Genève
apparaissait à plusieurs comme une stratégie de l’Eglise catholique : ils
voyaient là une premier pas vers la constitution d’un évêché. (apic/cor)