Pour la paix, la justice et le dialogue en ex-Yougoslavie
Soirée de prières à l’église du Christ-Roi à Fribourg
Fribourg, 23juin(APIC) Plus de 200 personnes se sont retrouvées lundi
soir à l’église du Christ-Roi pour intercéder en faveur de la paix et de la
réconciliation en l’ex-Yougoslavie. Devant les injustices que provoque la
guerre, devant l’accoutumance et surtout l’impuissance des autres peuples à
faire arrêter cette tragédie, la Coordination fribourgeoise de l’Action des
chrétiens pour l’Abolition de la torture (ACAT) avait invité les croyants à
se réunir pour une heure de prière.
L’ACAT-Fribourg, dans son invitation, avaient donné le ton à ce rassemblement. "La prière est une démarche qui unit. Evitons les accusations.
Nous, les habitants de ce pays, sommes venus pour prier Dieu afin qu’il aide nos frères et nos soeurs de l’ex-Yougoslavie à trouver la justice et la
paix".
Pour manifester cet esprit, tous les peuples de ce pays en guerre ont
été évoqués, toutes les religions mentionnées. Tour à tour, des lectures de
l’Ecriture Sainte, des demandes réciproques de pardon, des chants et des
intercessions ferventes (certaines dites par des personnes venues de l’exYougoslavie) ont marqué cette heure d’intercession. Dans la pénombre de
l’église, de multiples lumignons, mêlés aux couleurs vives des vitraux illuminés par le soleil couchant, symbolisaient de manière frappante l’état
d’âme des participants.
Tout le monde savait que la prière seule ne fait pas des miracles, mais
des croyants protestants, orthodoxes et catholiques de Fribourg voulaient
manifesté simplement que la paix est possible. Devant les souffrances accumulées par la guerre, devant l’apparente impuissance des hommes à la faire
cesser, il reste au croyant ce cri vers Dieu. "Prends pitié de nous!" Mais
aussi: "Aide les militaires et les hommes politiques à regarder les morts
et les blessés, les prisonniers, les torturés, les exilés sur les routes"...
Un participant à cette liturgie vivante a exprimé à la fois la fragilité
des chrétiens à s’engager, mais aussi parfois leur courage à s’insurger
contre l’horreur. "Quand la télévision présente des images de ce qui se
passe en Ex-Yougoslavie, nous avons envie de dire: "Mais quels sauvages!"
Pourtant, comme croyants, nous voulons exercer notre devoir d’ingérence.
"Seigneur, transforme notre coeur de pierre en coeur de chair!"
La célébration a été marquée par deux gestes concrets: une quête qui sera remise à Caritas pour être distribuée à parts égales à des familles serbes, croates et musulmanes. Une récolte de signatures pour demander aux autorités suisses la prolongation du séjour chez nous d’un couple musulman du
Kosovo. Une manière pour les participants de dire qu’il ne suffit pas seulement de prier pour être fidèle à l’Evangile dont on se réclame.(apic/ba)