Portugal: le pape a commencé à Lisbonne son 50e voyage (100591)
Rome, 10mai(APIC) Le pape Jean Paul a quitté Rome vendredi à 12h.30 pour
le Portugal où il est arrivé en début d’après-midi, accueilli à Lisbonne
par le chef de l’Etat, Mario Soares. Le pape effectue ainsi le 50e voyage
de son pontificat et le second dans ce pays - hormis une escale technique
lors de son voyage en Amérique centrale le 2 mars 1983 - , après celui de
mai 1982. Point fort de ce séjour: sa visite à Fatima le 13 mai, jour du
74e anniversaire de la première apparition de la Vierge à Fatima et du 10e
anniversaire de l’attentat contre Jean Paul II sur la Place Saint-Pierre.
Du 10 au 13 mai, le pape devrait parcourir quelque 2’000 kilomètres au Portugal avant de regagner Rome lundi en fin de journée.
Le Portugal compte près de 95% de catholiques sur une population d’environ 10,4 millions d’habitants. Lundi 13 mai prochain, il y aura 10 ans que
Jean Paul II aura été victime d’un attentat. En se rendant au sanctuaire de
Fatima, le pape entend remercier la Vierge de lui avoir sauvé la vie. A
plusieurs reprises, le pape a en effet déclaré avoir été sauvé par la grâce
de la Vierge. La date de l’attentat commis par le Turc Ali Agça coïncide
avec la première des six apparitions - le 13 mai 1917 - de la Vierge à
trois enfants qui gardaient leur troupeau dans la montagne, Lucia, âgée aujourd’hui de 83 ans, seule survivante, et qui est entrée en 1923 dans la
vie religieuse, son cousin Francesco et la soeur de ce dernier, Jacinta.
Francesco et Jacinta, morts en 1919 et 1923, pourraient être proclamés
bienheureux par le pape lors de ce nouveau pèlerinage.
Une des balles qui avaient atteint le pape lors de l’attentat a été remise comme ex-voto au sanctuaire et déposée dans la couronne de la statue
de la Vierge de Fatima.
Une rencontre avec le président Soares, puis avec le Corps diplomatique
à la nonciature apostolique figurent au programme de cette premère journée.
Samedi 11 mai, Jean Paul II partira pour l’île de Terceira, dans les Açores, où il célébrera une messe. Dans l’après-midi du même jour, il visitera
l’île San Miguel pour y présider une célébration de la Parole avant de regagner Lisbonne. Le 12 mai au matin, le pape se rendra sur l’île de Madère,
puis s’en ira à Fatima, où il présidera le lendemain les célébrations mariales.
Droits de l’homme et nouvelle évangélisation au centre des discours
Lors de son arrivée à l’aéroport de Lisbonne, où il a été accueilli par
le président Soares, Jean Paul II a expliqué qu’il se rendait à Fatima pour
remercier la Vierge "pour la protection donnée à l’Eglise dans ces années,
qui ont connu de rapides et profondes transformations sociales, en permettant que s’ouvrent de nouvelles espérances pour beaucoup de peuples opprimés par des idéologies athées qui empêchaient la pratique de leur foi". Le
pape a encore exprimé sa gratitude à Fatima pour "la protection spéciale de
la Vierge Mère qui m’a sauvé la vie dans l’attentat d’il y a dix ans..."
Dans son premier discours, Jean Paul II a aussi invité le Portugal à une
nouvelle évangélisation.
Le même thème de l’évangélisation a été traité par Jean Paul II dans
l’homélie prononcée dans l’après-midi au cours de la célébration
eucharistique dans au stade de football de la capitale. Le pape a expliqué
que l’évangélisation est une tâche de tous les fidèles chrétiens et a
invité les gens à "avoir le même courage qui anima les missionnaires du
passé..."
Jean Paul II s’est rendu dans la soirée à la résidence du chef de l’Etat
portugais pour une visite de courtoisie. Aucun discours n’a été prononcé à
cette occasion.
Dernier rendez-vous officiel de la première journée du voyage du pape au
Portugal: une rencontre avec le Corps diplomatique à la nonciature au cours
de laquelle le pape a demandé que les droits individuels et sociaux de
l’homme soient toujours et intégralement garantis. Il a enfin mis l’accent
sur la liberté de conscience en relevant que dans certains pays "émergent
de nouvelles formes de fondamentalismes et d’intolérances qui, au nom de
pseudo-motivations de religions, de races, attentent à la dignité de la
personne". (apic/jt/pr)