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    Le Père Tadeusz confirme que Jean Paul II était espionné

    Pologne: Un prêtre demande à l’Eglise de poursuivre ses collègues collabos

    Varsovie, 15 février 2006 (Apic) Un prêtre catholique romain polonais, qui a été harcelé et battu sous le régime communiste, a confirmé que Jean Paul II était espionné par des membres du clergé polonais. Il a menacé de démissionner si les responsables d’Eglise ne poursuivaient pas ces prêtres qui livraient leurs informations à la police secrète.

    "Les autorités de l’Eglise devraient essayer de résoudre ce problème, plutôt que d’attaquer toute personne qui en parle", a déclaré Tadeusz Isakowicz-Zaleski à l’agence d’information catholique polonaise (AKI) le 9 février. "On m’a laissé entendre que c’est un problème privé et que je devais le régler moi-même - et au mieux jeter tout cela dans l’incinérateur", ajoute-t-il dans une déclaration relayée le 15 février par l’agence oecuménique ENI.

    Le prêtre de 49 ans s’exprimait après une conférence de presse tenue deux jours plus tôt à Cracovie, durant laquelle il avait dit avoir vu les noms de membres du clergé qui servaient d’agents alors qu’il consultait le dossier que la police secrète gardait sur lui. Il a ainsi révélé qu’un prêtre avait donné à la police secrète un croquis de la future chambre du pape. Un autre, dont le nom de code était "Dyrektor" avait fait "beaucoup de dommages" en transmettant "des informations détaillées" durant 20 ans alors qu’il dirigeait l’un des bureaux du futur pape à Cracovie.

    Climat de méfiance et de suspicion

    Un porte-parole de l’Eglise, Robert Neczek, a cependant rejeté la demande du prêtre en soulignant que de nombreux prêtres avaient déjà "présenté des confessions de leur faute" à leurs évêques. "Les prêtres de l’archevêché de Cracovie sont contrariés par ces dernières déclarations des médias qui engendrent un climat de méfiance et de suspicion, et éclipsent leur travail", a déclaré Robert Neczek à l’agence de presse polonaise le 9 février. "Les critères nécessaires à la résolution de questions difficiles comme celle-ci sont la vérité immuable, la pénitence et le pardon."

    Environ 10% des membres du clergé catholique romain auraient été des informateurs dans la Pologne gouvernée par les communistes. En avril 2005, l’Institut de la mémoire nationale a déclaré qu’un dominicain polonais, Konrad Hejmo, avait espionné le pape Jean Paul II pendant vingt ans à Rome. (apic/eni/bb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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