Rome, 29novembre(APIC/CIP) "L’Etat doit être au service de tous les citoyens" et "être l’expression de tous les groupes sociaux, et non d’un
seul" : c’est ce qu’a déclaré dans une interview que publie dans son édition du 29 novembre le journal italien "Avvenire", Mgr Tadeusz Glocowski,
l’évêque de Gdansk, devenu en peu de temps l’une des figures montantes de
l’épiscopat polonais.
Mgr Glocowski, 56 ans, n’est évêque de Gdansk que depuis décembre 1984.
Il s’est fait connaître par sa médiation en diverses circonstances,
notamment lors de difficultés sociales. Ce fut le cas en mai dernier,
lorsqu’il intervint auprès du général Kiszczak, ministre polonais de
l’intérieur. Deux mois plus tard, il proposait une table-ronde réunissant
toutes les parties intéressées par l’avenir des chantiers navals Lénine.
Dans son interview, l’évêque répète ce qu’il a déjà affirmé tout récemment à Radio Vatican, à savoir que les informations qu’il a reçues du directeur et des travailleurs l’ont convaincu que ceux-ci sont viables; de
même que la décision de fermer les chantiers sans avoir préalablement consulté les travailleurs ne peut qu’engendrer un climat social déplorable.
Interrogé sur le travail pastoral de l’Eglise en Pologne, Mgr Glocowski
dit constater une foi plus solide chez les jeunes, les intellectuels et les
ouvriers en dépit de "structures immorales", qu’il faut changer, sans pour
autant, dit-il, recourir à la violence ou aux catégories marxistes. Pour
l’évêque de Gdansk, la première tâche de l’Eglise est d’éduquer les
consciences. D’ou l’importance de la catéchèse et du combat des catholiques
pour que soit reconnue la liberté d’association, ajoute-t-il, et son "rêve"
que l’Eglise polonaise puisse organiser son propre réseau d’enseignement.
Certains ont suggéré que le gouvernement polonais pourrait autoriser la
création d’un syndicat chrétien. Mgr Glocowski ne cache pas sa perplexité
et sa crainte que certains cherchent à créer "un ersatz de Solidarnosc".
"Dans ce cas, je dis non. Les travailleurs veulent Solidarnosc. Il faut obtenir qu’il soit autorisé... Il nous faut d’abord créer un pluralisme social et politique authentique. Ce n’est qu’après que l’on pourra voir si un
syndicat chrétien est oui ou non utile".
A propos d’un éventuel rétablissement des relations diplomatiques entre
la Pologne et le Saint-Siège et des rumeurs selon lesquelles l’Eglise locale craint une mainmise du Vatican sur l’Eglise de Pologne, Mgr Glocowski
reconnaît qu’une telle crainte a existé jusqu’il y a dix ans. "Aujourd’hui,
ajoute-t-il, il y a au Vatican quelqu’un qui connaît mieux que quiconque
notre situation pour en avoir eu une expérience directe. Ce pape a une telle connaissance du communisme que celui qui lui succédera en héritera de
quelque manière." Enfin, aux yeux de Mgr Glocowski, "le temps des malentendus entre Varsovie et le Vatican est à jamais révolu". (apic/jt/bd)