Pologne: les perspectives d’avenir de l’Eglise vues (060593)
La Pologne a besoin d’une nouvelle évangélisation
Varsovie, 6mai(APIC) La Pologne a aussi besoin d’une "nouvelle évangélisation", déclare le nouveau secrétaire général de la Conférence des évêques
polonais, Mgr Tadeusz Pieronek, dans une interview au journal de Varsovie
"Zycie Warszawy". Selon l’évêque auxiliaire de Sosnowiec, l’Eglise polonaise n’est "pas assez ouverte" et "a peur des solutions non éprouvées". Elle
donne l’impression de se fermer aux nouveautés, même s’il s’agit d’impulsions venant du Concile Vatican II.
L’Eglise catholique en Pologne est assez forte. Il n’y a qu’à voir combien de gens, y compris des hommes politiques, aimeraient avoir cette Eglise comme partenaire; on ne cherche donc pas des partenaires parmi les perdants, estime le nouveau secrétaire de la Conférence épiscopale polonaise.
Mais, ajoute-t-il, "le système des consignes et des ordres n’est plus actuel aujourd’hui, ni dans l’économie ni dans l’Eglise".
Certaines forces dans l’Eglise catholique en Pologne voudraient faire
passer l’"évangélisation" et d’autres projets "à l’aide de décrets, d’ordres et d’instructions venus d’en haut", explique Mgr Pieronek. Il manque
largement de nouvelles manières de penser et d’ouverture au dialogue, déplore-t-il. L’Eglise polonaise doit chercher de nouveaux chemins. La "nouvelle évangélisation" de la Pologne, Mgr Pieronek la situe dans le sens
d’une "présentation des valeurs chrétiennes comme alternative" et comme une
"proposition seulement, mais sans la contrainte de vouloir convertir les
gens à tout prix".
En réponse à des réflexions selon lesquelles l’Eglise en Pologne serait
critiquée aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur, Mgr Pieronek affirme que ce genre de critique ne plaît pas à tous dans la hiérarchie catholique. "Elles viennent, du moins en partie, de catholiques désireux de voir
changer l’Eglise positivement. On a le droit de ne pas approuver ces critiques, mais il faut se demander s’il n’y a pas, tout au fond, un grain de
vérité", relève le secrétaire général. Le fait qu’on écrive autant sur
l’Eglise dans les journaux est nouveau. "Pire que les accusations serait
l’indifférence. Et celle-ci n’existe pas en Pologne face à l’Eglise". Selon
Mgr Pieronek, l’engagement en faveur ou contre l’Eglise est très marqué en
Pologne. Preuve "que l’Eglise a encore quelque chose à dire à l’homme".
L’Eglise devrait aussi s’engager en politique, conclut-il, mais "pas de
la manière souhaitée par quelques-uns". L’Eglise renoncerait consciemment à
une collaboration directe et personnelle du clergé dans la politique, mais
elle devrait y assurer sa présence à travers les croyants. (apic/kpr/cb/pr)