L’Eglise ne prendra pas parti, affirme le théologien Jozef Tischner
Vienne, 4juillet(APIC) Alors que le combat entre le premier ministre polonais Tadeusz Mazowiecki et le leader syndical Lech Walesa bat son plein
pour le contrôle des "Comités civiques" issus du mouvement "Solidarité",
l’Eglise polonaise reste dans l’expectative et ne veut pas s’immiscer dans
cette affaire. Elle craint cependant que le conflit ne se durcisse, souligne le célèbre théologien Jozef Tischner, de Cracovie, dans une interview
accordée à l’agence de presse "Kathpress" à Vienne.
Le professeur Tischner, ami du pape Jean Paul II et l’un des promoteurs
du syndicat libre "Solidarnosc", affirme que "l’Eglise, dans cette affaire,
n’a jusqu’ici joué qu’un rôle d’observateur", mais elle n’est pas très heureuse si le conflit se durcit par trop. L’Eglise polonaise ne va cependant
pas prendre parti, "car elle voit très bien qu’il y a de chaque côté des
politiciens honnêtes, bons et sérieux". Il est évident que les évêques ont
chacun leurs sympathies pour l’un ou l’autre camp, mais il ne faut cependant pas attendre une prise de position de l’Eglise dans cette controverse.
Pour le professeur de Cracovie, il s’agit dans la lutte pour le contrôle
des "Comités civiques" d’une lutte "purement idéologique", Mazowiecki insistant sur la nécessité de l’unité - qu’il a besoin pour faire passer des
mesures de redressement économique forcément impopulaires - tandis que Walesa lutte pour le pluralisme et la concurrence. Pour le Père Tischner, ce
conflit n’est pas lié à des personnes en particulier, "mais est dans la logique de la situation", étant donné le risque du monopole politique, un
risque réel.
Ce danger existe surtout dans les campagnes, souligne-t-il, car dans ces
régions, la seule organisation existante est "Solidarité". Samedi dernier,
Lech Walesa a marqué un point dans ce conflit, car ses partisans ont réussi
à empêcher la création d’une fédération des "Comités civiques" proposée par
les sympathisants de la ligne de Mazowiecki. (apic/kpr/be)