Pologne : il faut s’opposer à la tentation du nationalisme (050490)
Varsovie, 5avril(APIC) Mgr Alfons Nossol, évêque du diocèse polonais
d’Opole, en Silésie, a lancé un appel à ses fidèles pour qu’ils résistent à
la tentation du nationalisme. Dans sa dernière lettre pastorale, il souligne que le rétablissement des libertés civiques, salué de toutes parts, a
provoqué le retour du pluralisme et permis d’exprimer des choses "dont on
ne pouvait autrefois parler publiquement". Ainsi toute une série de minorités ethniques - comme la minorité allemande - ont commencé à rappeler leur
existence et à réclamer des droits.
Au lieu de céder à la panique et aux réactions chauvinistes, il faut
débattre des nouvelles réalités dans un esprit de réconciliation et considérer les particularités culturelles des autres groupes de population comme
un enrichissement, déclare Mgr Nossol. L’évêque constate que la composition
de la population de Silésie a été profondément modifiée par l’arrivée après
la guerre des habitants des anciens territoires polonais situés à l’Est et
le départ forcé de la population indigène d’origine allemande.
Une terre partagée entre les rapatriés polonais et les allemands de souche
"Les uns et les autres ont subis des dommages", souligne Mgr Nossol, en
rappelant que la Silésie est une terre partagée entre les Polonais rapatriés des territoires de l’Est aujourd’hui en mains soivétiques et une minorité de souche allemande. S’adressant aux immigrés polonais, il déclare :
"Vous avez enrichi notre belle terre de Silésie". Elle est devenue votre
"vraie patrie", "dont personne ne veut plus vous chasser". Les immigrés polonais doivent "l’aimer sans réserve". Ils doivent également aider l’évêque
à attacher à leur terre ceux de la population silésienne qui sont restés.
Personne ne doit oser exiger que cette population quitte le diocèse uniquement parce qu’elle pense et sent "autrement". Mgr Nossol leur demande de
rester "dans le pays de leurs pères". Personne ne les attend ailleurs les
bras ouverts.
Par sa lettre pastorale, l’évêque réagit aux émotions nationalistes qui
se sont manifestées en février après des élections complémentaires dans la
Voïvodie. L’année dernière, Mgr Nossol avait offert la possibilité de célébrer des messes en langue allemande dans l’église du Mont Sainte-Anne, un
lieu de pèlerinage proche d’Opole. Il avait répondu à la demande de personnes d’un certain âge désireuses de célébrer l’Eucharistie "dans la langue
de leur coeur". La proposition de l’évêque a été utilisée par les catholiques de langue allemande: ces messes rassemblent souvent quelque 2’000 fidèles. (apic/kpr/ra/cor)