Pologne: Centre d’information, (020392)
Colloque sur le nationalisme et le patriotisme
Paris, 2 mars(APIC) Une centaine de personnes venant de Pologne, de Russie, de Slovaquie, de Hongrie, d’Allemagne et de France se sont réunies à
Auschwitz la semaine dernière pour un colloque international consacré au
nationalisme et au patriotisme dans l’Europe contemporaine. Cette rencontre
était organisée par le Centre d’information, de rencontre, de dialogue et
de prière d’Auschwitz, un institut créé après l’affaire du carmel d’Auschwitz, lors des accords survenus à Genève en février 1987.
Le père Jean Dujardin, président du Conseil international de
programmation du Centre a expliqué à son retour à Paris, que "tous ceux qui
ont vécu les drames de la guerre ou de la fin de la guerre, qui sont au
contact des rivalités nationales qui réapparaissent avec la chute du
communisme, ont compris qu’il faut construire cette partie de l’Europe sur
d’autres bases". "Il est symbolique qu’ils aient choisi ce lieu pour une
réflexion sur leur avenir. La shoa c’est l’anisémitisme porté à l’extrême,
dans sa dimension raciale et raciste porté par l’hypernationalisme. Il y a
un lien entre les deux réflexions".
Soeur Anne-Denise Rinckwald, membre du Conseil de programmation, précise: "Ce qui m’a frappé c’est le problème du nationalisme. Comment ces gens
luttent pour retrouver leur identité et leurs racines. Nous avons l’habitude d’avoir une vision juste de l’histoire. Ils ont tout à apprendre et à
reconstruire. C’était particulièrement clair chez les deux Russes qui
étaient là, on sentait en eux un profond désarroi". Ce que le professeur
Julij Schreider de Moscou a résumé ainsi: "un nationalisme bléssé ne peut
pas prendre en compte le nationalisme de l’autre".
Au delà des discussions et des conférences, les rencontres personnelles
ont été un des aspects majeurs de cet événement. Le Père Dujardin a entendu
un Hongrois dire: "C’est la première fois que je peux parler à un
Slovaque".
L’avenir du Centre
La 3e réunion du Conseil international de programmation du Centre
d’Auschwitz s’est tenue le lendemain du colloque. Ce conseil fondé par le
cardinal Franciszek Macharski, archevêque de Cracovie, est chargé de
réfléchir aux activités du Centre.
Les travaux de la construction du nouveau Carmel avancent. Le Père Dujardin à précisé que la dalle du 1er étage venait d’être posée. Parallélement on fait un important travail de sensibilisation de l’opinion publique
pour lui faire admettre "qu’il y a des choses irréversibles, que le Carmel
sera déplacé, que le centre commence à fonctionner, qu’il rassemble des
gens". "Ce qui est important, a-t-il précisé, c’est qu’entre le Centre et
les instances de la ville d’Ozwiecim, des liens se nouent, à travers le musée, avec la municipalité, le centre protestant construit autrefois et
l’équivlaent de la maison des jeunes et de la culture". Le rôle du Conseil
et du centre n’est pas seulement lié au déplacment du carmel. Il s’agit de
faire tout un travail de vérité par rapport à l’histoire, estime le Père
Dujardin. "On ne mesure pas chez nous combien les régimes communistes ont
occulté ou travesti l’histoire. En s’appuyant sur des sentiments légitimes
du peuple polonais: la souffrance et le martyre, ils ont complètement occulté la réalité juive".
les activités d’accueil et de sensibilisation seront poursuivies en paritculier pour les jeunes. Deux prêtres qui sont au centre on déjà pu faire
passer certaines choses au niveau de la catéchèse. On se propose de faire
une journée portes ouvertes pour montrer où les carmélites vont être reloger. "Le Centre n’est pas fait pour organiser n’importe quoi. Il est proche
du camp d’extermination. Cette présence donnera une tonalité propre à la
réflexion qui sera mené sur le Centre", a conclu le Père Dujardin. (apicecl/mp)
nationalismes et des patriotismes est malheureusement d’une actualité
sanglante.